Combien de vies faut-il encore briser au Kasaï Central pour que la jeunesse prenne pleinement conscience de son immense pouvoir de pacification ? À Kananga, cette question résonne avec une acuité particulière en ce vendredi 9 mai, alors que la Caravane panafricaine pour la paix pose ses valises dans la ville. Portée par un message d’espoir, l’organisation itinérante est venue rappeler une vérité trop souvent oubliée : les jeunes ne sont pas condamnés à être les bras armés des conflits, ils peuvent en devenir les plus solides artisans de la paix.
Dans les ruelles encore marquées par les stigmates des violences passées, la délégation menée par John Anipenda a multiplié les rencontres. Son porte-parole, à la voix grave mais déterminée, n’a pas mâché ses mots : « La jeunesse ne doit plus être un instrument de violence, mais plutôt le moteur d’un changement positif pour le développement de la République démocratique du Congo. » Un plaidoyer qui tombe à pic dans une région où le chômage et la manipulation politique ont trop souvent poussé des adolescents à troquer les bancs de l’école contre des machettes.
La jeunesse résolution conflits RDC n’est pas qu’un slogan : c’est une urgence nationale. À Kananga, les échanges avec André Katende et d’autres figures communautaires ont permis de confronter les angoisses du quotidien. Comment coexister pacifiquement quand les discours de haine pullulent sur les réseaux sociaux ? Comment échapper à l’emprise des politiciens véreux qui recrutent des jeunes désœuvrés pour provoquer des troubles ? Ces interrogations, la Caravane panafricaine pour la paix les a entendues, sans jamais prétendre détenir de solutions toutes faites.
L’initiative dépasse le simple cadre d’une sensibilisation de passage. Elle s’attaque au cœur du problème en prônant un renforcement de la cohésion nationale RDC. Car à Kananga comme ailleurs, le sentiment d’appartenance à une même nation reste fragile, miné par des décennies de divisions ethniques instrumentalisées. La caravane, par son itinérance même, symbolise cette unité retrouvée, cette volonté de relier les provinces autour d’un idéal commun : une paix durable, portée par ceux qui ont le plus à perdre de la guerre — les jeunes.
Pourtant, le défi est immense. Les témoignages recueillis en marge des rencontres décrivent une jeunesse lucide mais souvent résignée. « On nous dit de cultiver la paix, mais sans emploi, sans formation, comment résister à ceux qui nous offrent un fusil pour survivre ? », confie un jeune sous une ombrelle de fortune. John Anipenda l’admet sans détour : le travail de la caravane ne remplacera jamais un État stratège capable d’offrir des perspectives économiques. Mais il insiste : attendre que tout soit parfait pour agir, c’est déjà renoncer.
L’enjeu dépasse Kananga. Si la région connaît aujourd’hui une relative accalmie, la stabilité reste précaire. La moindre étincelle communautaire peut raviver des braises que l’on croyait éteintes. La Caravane panafricaine pour la paix, en misant sur le dialogue et la restauration de la confiance citoyenne, tente de couper l’herbe sous le pied des marchands de chaos. Son message, simple mais radical, mérite d’être entendu bien au-delà des quartiers de Kananga : la paix ne se décrète pas, elle se construit chaque jour, dans chaque acte de refus de la haine, dans chaque main tendue par-dessus les anciennes fractures.
Alors que la délégation reprendra bientôt la route, une question demeure : cette graine de paix semée en terre kasaïenne germera-t-elle sans un véritable engagement des autorités locales et nationales ? La jeunesse résolution conflits RDC ne pourra devenir une réalité tangible sans un environnement propice. L’espoir, lui, ne demande qu’à éclore.
Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: radiookapi.net
