Une nouvelle attaque armée a plongé la localité de Miti-Centre, dans le territoire de Kabare au Sud-Kivu, dans la terreur, dans la soirée du samedi 2 mai. Le bilan provisoire fait état d’un mort et d’un blessé grave, dans un contexte sécuritaire déjà fragilisé par une recrudescence des violences dans la région.
Selon des témoignages recueillis sur place, des hommes armés non identifiés ont fait irruption dans la localité aux alentours de 21 heures. Ils ont ouvert le feu de manière indiscriminée, semant la panique parmi les habitants. Les coups de feu ont retenti en rafales, obligeant des familles entières à se terrer chez elles ou à fuir en catastrophe. « On ne s’y attendait pas. Les tirs venaient de partout, on ne savait pas où aller », a confié un résident sous le couvert de l’anonymat.
Au cœur de cette fusillade, un jeune homme, Olivier Nkonzi, a été mortellement atteint par balles. Il est décédé sur place, avant l’arrivée des secours. Son frère, Bertin Nkonzi, également touché lors de l’attaque, a pu être évacué en urgence vers une structure sanitaire de la place. Son état est jugé grave, mais les sources médicales n’ont pas encore communiqué de pronostic précis. Cette attaque armée à Miti-Centre rappelle la fragilité de la sécurité dans le territoire de Kabare, au Sud-Kivu.
Comment expliquer cette violence soudaine dans une zone pourtant habituée à des tensions, mais rarement à des tirs aussi nourris en pleine soirée ? Les autorités locales restent prudentes. Aucune revendication n’a été formulée, et les assaillants ont pris la fuite avant l’arrivée des forces de l’ordre. La nuit qui a suivi a été marquée par une atmosphère de psychose. Des détonations sporadiques ont encore été signalées jusqu’à une heure avancée, alimentant la peur et empêchant tout retour au calme.
Cette attaque armée s’inscrit dans une série d’incidents sécuritaires récents dans le territoire de Kabare. Des cas similaires ont été rapportés notamment dans la zone de Tchangala, où des bandes armées opèrent avec une impunité croissante. L’insécurité gagne du terrain, et les populations locales se sentent de plus en plus abandonnées. « Nous vivons dans la peur constante. Chaque bruit suspect nous fait craindre le pire », témoigne un commerçant du centre de Miti-Centre.
Face à cette escalade, les habitants lancent un appel pressant aux autorités provinciales et nationales. Ils exigent un renforcement immédiat des dispositifs sécuritaires dans la région. Des patrouilles accrues, la présence permanente des forces de l’ordre et une enquête approfondie sur ces attaques sont réclamées. « Jusqu’à quand devrons-nous subir ces violences sans protection ? » s’interroge un responsable communautaire local.
Le Sud-Kivu, déjà éprouvé par des décennies de conflits, voit ressurgir des poches d’insécurité qui menacent la stabilité de toute la province. La mort d’Olivier Nkonzi, simple civil pris pour cible par des inconnus, est le triste symbole d’une impunité qui semble s’installer. L’enquête ouverte par les autorités judiciaires devra déterminer les responsabilités et identifier les auteurs de cette attaque armée. En attendant, la population de Miti-Centre reste sous le choc, oscillant entre colère et résignation.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd
