Le président de la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI), Denis Kadima Kazadi, a effectué un déplacement stratégique à Paris ce jeudi 30 avril 2025, répondant à l’invitation du député français Carlos Martens Bilongo, président du groupe d’amitié France–République démocratique du Congo. Cette visite, qui s’est déroulée à l’Assemblée nationale française, visait à consolider les liens institutionnels entre Paris et Kinshasa, avec un accent particulier sur la gouvernance électorale et la coopération régionale en Afrique centrale.
Lors d’un premier échange officiel, en présence de l’ambassadeur de la RDC en France, Émile Ngoy Kasongo, le député Bilongo a salué les efforts de la CENI lors des élections de 2023, tout en reconnaissant les défis persistants. Il a également exprimé l’intérêt croissant des Congolais de France pour la vie politique de leur pays d’origine. Interrogé sur les préparatifs des prochaines échéances, Denis Kadima a réaffirmé l’engagement de son institution dans la planification des élections de 2028.
« La CENI est déjà pleinement engagée dans les préparatifs des élections prévues en 2028. Une feuille de route du processus électoral 2024-2028 a été publiée il y a un an », a-t-il déclaré, insistant sur la vision d’un cycle électoral continu. Selon lui, les élections ne doivent pas être considérées comme un simple événement ponctuel, mais comme un processus dont la préparation débute dès la clôture du scrutin précédent.
Denis Kadima a également mis en avant les réformes engagées depuis sa prise de fonction, visant à renforcer la crédibilité du processus. Ces réformes portent sur l’inclusivité, la transparence et l’innovation, notamment via la digitalisation des opérations électorales, l’introduction de l’observation à long terme et la mise en place d’une commission de passation des marchés. Toutefois, il a reconnu que des défis sécuritaires, logistiques et financiers demeurent.
Abordant la coopération régionale, le président de la CENI a rappelé le rôle croissant de la RDC dans la gouvernance électorale africaine. « La RDC assure actuellement la présidence du Réseau des organes de gestion des élections d’Afrique centrale (ROGEAC) et occupe la vice-présidence de l’ECF-SADC », a-t-il souligné, démontrant l’influence de Kinshasa dans le domaine.
En second lieu, Denis Kadima a rencontré une délégation de la diaspora congolaise vivant en Europe. Celle-ci a présenté les conclusions des États généraux de la diaspora, articulées autour de deux revendications principales : la mise à disposition de leur expertise pour le développement de la RDC et une représentation au sein de l’Assemblée nationale congolaise.
Cette visite intervient alors que la CENI peine à exécuter sa feuille de route pour les prochaines élections. Publiée en avril 2025, la feuille de route 2025-2029 se voulait une boussole pour les années à venir. Pourtant, près d’un an après sa publication, plusieurs activités prévues entre avril 2025 et mars 2026 n’ont pas été réalisées. La contestation persistante des résultats des élections générales de décembre 2023 par certains camps politiques ajoute une pression supplémentaire sur l’institution.
Malgré ces retards, la CENI se veut optimiste. « Nous attendons du gouvernement la mobilisation des moyens nécessaires pour la mise en œuvre effective de cette feuille de route », a indiqué Denis Kadima, tout en réaffirmant sa détermination à rétablir la vérité sur le processus électoral congolais. La question reste posée : la CENI parviendra-t-elle à surmonter les obstacles financiers et logistiques pour tenir le calendrier des élections de 2028 ? L’avenir proche apportera des éléments de réponse.
Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: Actualite.cd
