La soirée du lundi 27 avril a viré au cauchemar pour les familles déplacées du site de Birere, dans le territoire de Masisi, au Nord-Kivu. Vers 20 heures, des hommes armés non identifiés ont fait irruption dans l’enceinte de l’école primaire 1 Masisi, où plusieurs centaines de déplacés avaient trouvé refuge. L’attaque, rapide et violente, a plongé les occupants dans une panique indescriptible.
Les assaillants ont ouvert le feu avant même d’entrer, semant la terreur parmi les femmes, les enfants et les personnes âgées. « Ils sont arrivés en tirant des coups de feu. Nous avons couru dans tous les sens pour sauver nos vies. Certains enfants ont été séparés de leurs parents dans la confusion », témoigne une mère encore sous le choc. Les cris et les détonations ont marqué le début d’un pillage systématique des biens des déplacés.
Chèvres, moutons, porcs, poules, dindons : les agresseurs ont emporté tout le bétail et la volaille, principales sources de subsistance de ces familles déjà vulnérables. « Tout ce que nous avions a été pris. Nous ne savons plus comment nourrir nos enfants », confie un père de famille, visiblement bouleversé. Pour ces personnes déplacées, cette attaque armée à Masisi n’est pas seulement un drame humain ; c’est une condamnation à une précarité encore plus grande sur le site des déplacés du Nord-Kivu.
Pendant près d’une heure, les assaillants ont procédé sans être inquiétés. Plusieurs coups de feu ont été tirés pour maintenir la terreur et faciliter le pillage des biens des déplacés. Après leur forfait, ils ont disparu dans la nuit, laissant derrière eux une population traumatisée et sans ressources. Combien de fois encore les habitants de cette région devront-ils subir ces exactions ? La question reste posée alors que l’insécurité au Nord-Kivu, et plus particulièrement dans le territoire de Masisi, ne cesse de s’aggraver.
Au lendemain de l’attaque, les déplacés lancent un appel pressant à l’aide. « Nous sommes abandonnés à notre sort. Nous demandons protection et assistance. Sans aide, notre situation risque de devenir encore plus grave », alerte un représentant des sinistrés. Ils sollicitent l’intervention des autorités locales pour renforcer la sécurité dans la zone et le soutien des organisations humanitaires pour répondre aux besoins urgents en nourriture, abris et soins médicaux.
Cet incident met une fois de plus en lumière la fragilité de la sécurité en République démocratique du Congo. Les sites de déplacés, censés être des lieux de protection, deviennent des cibles faciles pour les groupes armés. La communauté internationale et les autorités congolaises sont confrontées à un défi majeur : comment assurer la sécurité des populations déjà déracinées par des années de conflit ? Le silence des armes semble encore lointain dans cette partie du Nord-Kivu, où l’insécurité persistante continue de fragiliser des communautés éprouvées.
L’attaque armée de Masisi est un nouveau signal d’alarme. Sans une réponse coordonnée et immédiate, le cycle de violence et de pillage risque de se répéter, plongeant davantage de civils dans le désespoir. Les déplacés du site de Birere attendent des actes, pas des promesses.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd
