Une attaque nocturne a précipité le village de Pimbo, dans le territoire de Djugu, dans un climat de terreur ce mardi 28 avril. Les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) ont été prises pour cible par la milice CRP, qui a lancé une offensive vers 3 heures du matin. Des tirs d’armes lourdes et légères ont retenti, plongeant la population dans la psychose.
Selon des sources locales, les combattants de la CRP seraient arrivés de la contrée de Lenga avant de se dissimuler nuitamment dans plusieurs villages longeant la RN27, notamment Bb’ssa et Lilo, situés dans les groupements Lona et Lodz’kpa. « La CRP en provenance de la contrée de Lenga s’est camouflée nuitamment pour s’infiltrer vers les villages de Bb’ssa et Lilo sur la RN27. Elle vient d’attaquer le régiment FARDC de Pimbo tôt ce mardi matin vers 3h. Des tirs nourris mettent Pimbo en alerte », a confié le chef du secteur des Walendu Djatsi, Justin Gudza Kiza.
Ces affrontements FARDC CRP interviennent dans un contexte sécuritaire déjà extrêmement fragile. Le territoire de Djugu, dans la province de l’Ituri, est régulièrement le théâtre de combats entre forces loyalistes et groupes armés. La milice CRP, active dans la région, multiplie les incursions le long de l’axe stratégique de la RN27, une route vitale pour les échanges locaux. Les habitants redoutent une nouvelle escalade des violences après cette attaque qui a semé la panique dans la zone.
Quelles sont les motivations réelles de cette infiltration nocturne ? Les observateurs locaux pointent du doigt la persistance de l’insécurité à Djugu, où les mouvements de miliciens continuent d’alimenter un cycle de violences. « La population est prise en étau entre les groupes armés et les forces de l’ordre. Chaque incursion provoque des déplacements massifs et une psychose générale », explique un acteur humanitaire sous couvert d’anonymat.
Les combats se sont intensifiés aux premières lueurs de l’aube, les FARDC tentant de repousser l’assaut. Des sources sur place rapportent que des tirs sporadiques se faisaient encore entendre en fin de matinée. Le bilan humain n’a pas encore été communiqué officiellement. Une enquête est en cours pour déterminer l’ampleur des pertes civiles et militaires. La CRP, milice issue de la communauté lendu, est régulièrement accusée d’exactions contre les populations civiles, notamment dans les zones rurales de l’Ituri.
L’insécurité grandissante dans le territoire de Djugu interroge sur l’efficacité des dispositifs sécuritaires déployés par les autorités. Malgré l’état de siège décrété dans la province, les affrontements FARDC CRP se multiplient. LaRN27, axe névralgique reliant Bunia à la frontière sud-soudanaise, demeure une cible récurrente des miliciens. Les groupements Lona et Lodz’kpa, relevant des chefferies de Bahema Badjere et de Mambisa, sont particulièrement exposés.
Pour l’heure, les populations de Pimbo et des villages environnants vivent dans la crainte d’une nouvelle attaque. « Nous ne pouvons plus dormir tranquilles. Chaque nuit, nous craignons le pire », confie un habitant joint par téléphone. Les autorités locales appellent à un renforcement des effectifs militaires pour sécuriser la zone et éviter une escalade dramatique.
Ces combats Ituri s’inscrivent dans un cycle de violences qui dure depuis des années, malgré les multiples opérations militaires. La milice CRP, bien que fragilisée par des frappes récentes, conserve une capacité de nuisance certaine. Les regards sont désormais tournés vers la réaction des FARDC et les mesures qui seront prises pour protéger les civils. Une chose est sûre : la paix reste un horizon lointain dans cette région minée par l’insécurité.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd
