Une ombre plane sur le parcours des héros nationaux. Alors que le grand rendez-vous continental approche à grands pas, un constat amer émerge du camp de la Team RDC MMA. Depuis Pretoria, où il suit le grand événement PFL Africa, l’entrepreneur et acteur sportif Didon Kibuka dresse un tableau alarmant de la situation des Léopards Amateurs MMA. À quelques jours seulement du Championnat Afrique IMMAF 2026 à Luanda, la sélection congolaise, pourtant si brillante il y a un an, se retrouve une fois de plus dans l’oubli et la précarité. Un scénario désolant qui se répète, malgré les promesses et les exploits passés.
Le contraste est saisissant. En 2025, la Team RDC avait écrit une page d’histoire glorieuse. Quatorze combattants engagés, dix médailles ramenées fièrement, dont six étincelantes en or. Une performance monstre qui avait propulsé la République Démocratique du Congo sur le podium continental, à la seconde place, derrière l’Angola, avec le meilleur taux de réussite du tournoi. Cet exploit avait légitimement fait naître l’espoir d’une reconnaissance durable, d’un tournant dans l’soutien athlètes congolais. Les médailles avaient été présentées au Ministre des Sports. Des engagements avaient été pris pour la suite, pour le Mondial en Géorgie. Mais aujourd’hui, le silence est assourdissant. « Cette promesse n’a jamais été concrétisée », déplore Kibuka, pointant du doigt un manque de moyens qui a privé le pays d’une occasion majeure de briller.
Un an plus tard, le même film se déroule, avec son lot d’injustice. La machine semble s’être enrayée. Selon l’entrepreneur, les combattants sont contraints de se transformer en collecteurs de fonds. Licences, billets d’avion ou de bus, hébergement, nourriture, frais d’inscription… La liste des dépenses à assumer seul s’allonge. « On demande à des athlètes amateurs, sans salaire, de financer intégralement leur participation pour défendre les couleurs de leur pays. C’est moralement et matériellement insoutenable », lance-t-il, la voix chargée d’une frustration palpable. Comment, en effet, exiger de tels sacrifices à des jeunes qui portent déjà le poids de l’entraînement et de la compétition ?
Le symbole, ici, est aussi fort que le préjudice financier. Didon Kibuka pose une question qui résonne comme un coup de poing : « Comment comprendre que des sportifs qui portent le drapeau dans la cage soient moins considérés que des supporters dans les tribunes ? » La comparaison avec le football, où des supporters ont été récompensés, est cinglante. Si la nation sait célébrer ses équipes phares, pourquoi oublierait-elle ses Léopards Amateurs, ces gladiateurs modernes qui se battent pour sa renommée ? Le message envoyé est-il que seuls certains sports méritent l’attention et les ressources ?
Cette situation crée un fossé de plus en plus visible avec le reste du continent. Pendant que la RDC semble hésiter, d’autres nations africaines ont choisi leur camp. L’Angola, pays hôte du Championnat Afrique IMMAF 2026, le Maroc, l’Afrique du Sud… Autant de pays qui investissent stratégiquement dans le développement du MMA amateur. Ils y voient un levier médiatique, économique et un formidable outil d’influence pour leur jeunesse. Pendant ce temps, les combattants congolais mènent un double combat : un dans l’octogone pour la gloire, et un autre, bien plus ingrat, dans la vie réelle pour boucler un budget de survie.
Pour Didon Kibuka, l’enjeu dépasse largement le cadre du MMA. « Le sport congolais mérite mieux », assène-t-il. Ces athlètes sont bien plus que des compétiteurs ; ce sont des ambassadeurs, des modèles, des sources de fierté nationale. Les abandonner à leur sort, c’est risquer de briser des vocations et d’envoyer un signal désastreux à toute une génération : celui que l’effort et le talent ne suffisent pas, faute de soutien structurel. Son appel est clair : il réclame une politique sportive cohérente, pérenne, qui prenne en charge les déplacements, les licences, l’hébergement et la préparation de ses champions. Il est temps de transformer les exploits isolés en une dynamique de succès durable.
À la veille du grand départ pour Luanda, l’interrogation est lancinante. La RDC laissera-t-elle ses « Léopards » se débattre seuls dans l’ombre, ou saisira-t-elle enfin l’opportunité de les hisser sur le pavois qu’ils méritent ? La balle est dans le camp des institutions. Les combattants, eux, n’ont pas renoncé. Leur courage, lui, reste leur principal carburant. Mais la confiance, ce lien essentiel entre l’athlète et sa nation, commence dangereusement à se fissurer. Le soutien athlètes congolais n’est pas une faveur, c’est un investissement dans l’avenir et la fierté d’un pays. La Team RDC MMA a prouvé qu’elle pouvait gagner. Maintenant, à la RDC de prouver qu’elle sait soutenir ses champions.
Article Ecrit par Miché Mikito
Source: Actualite.cd
