Ce dimanche 31 mai, un silence de cathédrale a envahi le Stade Frédéric Kibasa Maliba. Les Léopards dames U17 de la République Démocratique du Congo ont vu leur rêve mondial s’envoler, battues sèchement (2-0) par les Copper Princesses de la Zambie. Comment expliquer que le football féminin congolais, porteur de tant d’espoirs, trébuche si lourdement à domicile ? La réponse tient en une statistique implacable : un cumul de 7-0 sur l’ensemble des deux confrontations. Dès le coup d’envoi, on sentait que la mission était impossible. Il fallait remonter un déficit de cinq buts concédés à l’aller, un Himalaya pour ces jeunes guerrières. Pourtant, le peuple congolais, venu en nombre au Stade Kibasa Maliba, y a cru. Le premier acte, équilibré, a entretenu l’illusion. Les Léopards dames U17 mordaient dans chaque ballon, tenaient tête avec une vaillance qui forçait le respect. Mais le football est un sport cruel : il récompense rarement les intentions. La seconde période a été un calvaire. La Zambie, clinique et réaliste, a frappé par deux fois. D’abord, Phidah Muzuwa a fait trembler les filets à la 68e minute, douchant les derniers espoirs d’un stade qui rêvait d’un improbable come-back. Puis, Elizabeth Mofya a scellé le sort du match dans les arrêts de jeu (90e), comme pour rappeler l’abîme qui sépare encore la RDC Zambie dans cette catégorie. Une élimination sans appel, donc, pour ces éliminatoires Mondial féminin 2026. La RDC quitte la route du Maroc, échouant avant même le troisième tour. Faut-il pour autant condamner cette génération ? Certainement pas. Le football féminin RDC vit une phase d’apprentissage accéléré. Chaque défaite est une brique posée pour l’édifice futur. Ces Léopards dames U17 ont touché du doigt l’exigence du très haut niveau international, là où la moindre approximation se paie cash. Le Stade Kibasa Maliba, témoin de cette désillusion, doit désormais devenir le théâtre d’une reconstruction. Car au-delà du résultat brut, ce double affrontement face à la Zambie révèle un besoin urgent de structuration. Les jeunes congolaises n’ont pas démérité, elles ont simplement manqué d’expérience et de tranchant dans les zones de vérité. Et si cette élimination était le déclic ? Le football féminin congolais a soif de reconnaissance. Il lui faut des moyens, des compétitions locales solides, une détection précoce. Les larmes versées au coup de sifflet final ne doivent pas être vaines. La route du Mondial s’arrête ici, mais celle de l’avenir commence. À ces Léopards dames U17, on doit une promesse : ils reviendront plus fortes. Car le talent est là, brut, sauvage, ne demandant qu’à éclore. La Zambie a été impitoyable, mais elle a aussi offert une leçon de réalisme. À la RDC de s’en inspirer pour que, demain, le Stade Kibasa Maliba vibre enfin pour un exploit continental.
Article Ecrit par Miché Mikito
Source: Actualite.cd
