Dans un contexte où la province de l’Ituri reste en proie à des tensions communautaires persistantes, une initiative porteuse d’espoir a vu le jour à Bunia. Une vingtaine de jeunes femmes viennent en effet de renforcer leurs capacités pour devenir des actrices incontournables de la paix et de la médiation. Cette formation, organisée par le réseau Young Women Leaders for Peace, répond à un besoin criant d’impliquer davantage la jeunesse et les femmes dans les mécanismes de résolution des conflits.
Durant deux jours, du 14 au 15 avril, 25 participantes se sont familiarisées avec les cadres internationaux que sont les résolutions 1325 et 2250 du Conseil de sécurité des Nations unies. Ces textes fondateurs, qui promeuvent respectivement la participation des femmes à la paix et le rôle des jeunes dans la sécurité, ont servi de colonne vertébrale à l’atelier. Sous la coordination de Sarah Muderwa, les échanges ont été concrets, visant une application immédiate sur le terrain.
Mais au-delà de la théorie, quelles compétences pratiques ces futures médiatrices ont-elles acquises ? Le programme était axé sur des outils directement opérationnels. Les jeunes femmes ont ainsi été formées à l’écoute active, une compétence essentielle pour désamorcer les tensions. Elles se sont également exercées aux techniques de médiation, à la documentation rigoureuse des incidents et à la cartographie des acteurs impliqués dans les conflits. La lutte contre la désinformation, fléau qui attise souvent les violences, figurait également au menu des apprentissages.
Financé par Affaires mondiales Canada via le Global Network for Women Peacebuilders, cet atelier n’est pas une fin en soi. Il constitue un point de départ. Les organisateurs attendent désormais des bénéficiaires une implication tangible dans leurs communautés respectives. L’objectif est clair : que ces jeunes femmes leaders pour la paix deviennent des relais, capables de mener un plaidoyer en faveur des femmes et des filles, et de restituer les connaissances acquises auprès de leurs pairs.
L’urgence de cette mission n’est plus à démontrer. Les territoires de Djugu, Irumu et Mahagi, notamment, connaissent des cycles de violence qui déstabilisent profondément le tissu social. Dans ce paysage marqué par l’insécurité, la voix et l’action des jeunes femmes ont souvent été marginalisées. Cette formation vise précisément à inverser cette tendance, en leur donnant les clés pour participer activement à la restauration de l’autorité de l’État et à la stabilisation.
À l’issue des deux jours de travaux, l’engagement était palpable. Plusieurs participantes ont exprimé leur détermination à agir différemment, à se positionner non plus comme des spectatrices, mais comme de véritables médiatrices et artisanes de paix. Cette dynamique nouvelle pourrait-elle contribuer à apaiser les conflits communautaires en Ituri ? Les défis sont immenses, mais la volonté affichée par ces femmes constitue un premier pas essentiel.
L’implémentation effective de la résolution 1325 des Nations unies passe par ce genre d’initiatives locales et concrètes. Former une génération de femmes à la médiation, c’est investir dans une paix durable. Le réseau Young Women Leaders for Peace, par cette action ciblée, démontre que les solutions émergent aussi de la base, portées par celles qui vivent au quotidien les conséquences des conflits. Leur travail de plaidoyer et de terrain sera désormais scruté avec espoir par des communautés en quête de sérénité.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd
