Dans un contexte africain en quête de repères et de nouvelles dynamiques de coopération, l’élection d’une figure congolaise à un poste de responsabilité continentale ne passe pas inaperçue. La désignation de la députée nationale Dominique Munongo Inamizi au poste de vice-présidente de l’Alliance des Parlementaires Libéraux d’Afrique (ALPA) pour l’Afrique centrale constitue plus qu’une simple nomination protocolaire. Intervenue en marge du sommet RENEWPAC 2026 à Rabat, cette élection place-t-elle la diplomatie parlementaire de la RDC sous un nouveau jour, ou s’agit-il d’un symbole dont la portée reste à éprouver ?
Ce sommet, dédié aux enjeux capitaux du continent comme l’emploi des jeunes, l’entrepreneuriat ou la lutte contre le changement climatique, sert de cadre à une recomposition subtile des influences. La désignation de Dominique Munongo Inamizi par ses pairs n’est pas anodine. Elle reflète une volonté, au moins affichée, de donner une voix plus forte à l’Afrique centrale dans les arènes de la diplomatie parlementaire. L’élu congolais devient ainsi l’un des architectes potentiels de la coopération interparlementaire, une fonction où les déclarations d’intention rencontrent souvent la dure réalité des rapports de force géopolitiques.
Dans sa réaction, la députée a manifesté sa « reconnaissance » envers les membres de l’ALPA, qualifiant cette fonction de « responsabilité » qu’elle entend assumer « au service de l’Afrique et de la République démocratique du Congo ». Des propos de circonstance, certes, mais qui trahissent une ambition : celle de faire de ce mandat un levier pour la visibilité internationale de Kinshasa. « Cette élection renforce la visibilité de la RDC dans les instances de diplomatie parlementaire à l’échelle continentale », a-t-elle souligné. Un point sur lequel les observateurs s’accordent, tout en s’interrogeant sur la capacité de transformation réelle de cette visibilité en influence politique tangible.
Profitant de la tribune offerte par le RENEWPAC 2026, la nouvelle vice-présidente de l’ALPA a placé son action sous le signe de la lutte contre la pauvreté, insistant sur « la nécessité d’actions concrètes ». Un discours attendu, mais dont la répétition à ce niveau pose une question fondamentale : les alliances parlementaires libérales comme l’ALPA sont-elles véritablement outillées pour impulser des politiques économiques structurantes, ou restent-elles des cénacles où se cristallisent des positionnements idéologiques sans grand impact sur le terrain ?
L’engagement affiché de Dominique Munongo Inamizi, active également au sein du Réseau Libéral Africain, s’inscrit dans une volonté plus large de promouvoir la gouvernance, l’inclusion et la participation des femmes. Cette élection peut être lue comme une reconnaissance de son travail de réseau. Toutefois, elle engage aussi sa crédibilité personnelle et, par extension, celle de la délégation congolaise. Le risque, pour tout parlementaire promu à de telles fonctions, est de voir son action jugée à l’aune de ses résultats concrets pour les populations, bien au-delà des communiqués de presse et des photographies officielles.
En définitive, cette élection au sein de l’Alliance des Parlementaires Libéraux d’Afrique ouvre une fenêtre d’opportunité pour la diplomatie parlementaire de la RDC. Elle offre à Dominique Munongo Inamizi une plateforme pour porter des dossiers cruciaux, comme la coopération Afrique-Europe ou la transition écologique. Cependant, la véritable mesure du succès ne résidera pas dans le titre acquis à Rabat, mais dans la capacité à traduire cette position en initiatives législatives audacieuses et en partenariats fructueux. L’enjeu pour la vice-présidente est désormais de démontrer que cette nouvelle visibilité au sein de l’ALPA et du paysage post-RENEWPAC 2026 se mue en un leadership efficace, capable d’infléchir les agendas dans l’intérêt du Congo et de la sous-région. La balle est dans son camp, et le temps de l’action concrete a sonné.
Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: Actualite.cd
