Depuis plus de trois mois, le forage qui alimente Mupompa en eau potable est à l’arrêt, plongeant près de 29 000 habitants du territoire de Kabeya-Kamuanga dans une situation sanitaire préoccupante. La panne, liée à un problème sur l’alternateur de la pompe, a contraint les ménages à revenir à des pratiques d’approvisionnement qu’ils pensaient avoir abandonnées. Cette interruption révèle la fragilité des infrastructures hydrauliques dans cette partie du Kasaï-Oriental et soulève la question de la continuité du service public de l’eau.
Le chef du village, Godefroid Kalonji Kabula Mpuka, décrit une population désemparée. « Ici chez nous, il n’y a pas d’eau potable. Depuis qu’on est parti avec la pièce défectueuse, jusqu’aujourd’hui, aucune suite. Nous sommes revenus à nos anciennes habitudes, aller puiser de l’eau à la rivière. Le changement d’eau nous plonge dans les maladies hydriques », a-t-il déclaré. Ces propos traduisent l’angoisse d’une communauté qui avait récemment accédé à une eau propre et accessible, et qui se retrouve brutalement renvoyée à des sources non protégées.
Une panne technique aux conséquences sociales immédiates
Selon le ministre provincial des Ressources hydrauliques et de l’Électricité, Charles Kamanga, l’arrêt du forage est dû à un problème sur l’alternateur de la pompe. L’opérateur chargé de la gestion du mini-réseau a retiré la pièce défectueuse pour un rebobinage, mais aucune date de remise en service n’a été annoncée. Ce flou temporel accentue l’incertitude des habitants, qui ne savent pas quand ils pourront retrouver un accès normal à l’eau potable.
En attendant, les femmes sont les premières touchées. Elles doivent de nouveau parcourir de longues distances pour atteindre les puits traditionnels et les rivières, avec les risques sanitaires que cela comporte, notamment pour les enfants. Le retour à ces sources non traitées expose la population à des maladies hydriques, un recul que les autorités locales affirment suivre sans toutefois fournir d’échéance précise.
La responsabilité publique en question
Cette situation met en lumière les défis de la gestion des infrastructures hydrauliques en milieu rural. Si le ministre provincial a communiqué sur la cause technique de la panne, l’absence de calendrier de réparation interroge sur la capacité des institutions à garantir un service essentiel. Pour les habitants de Mupompa, l’enjeu n’est pas seulement technique : il s’agit de la protection de leur santé et de la préservation des acquis récents en matière d’accès à l’eau.
Le chef du village a lancé un appel pressant aux autorités pour une intervention rapide. La population espère que le rebobinage de l’alternateur aboutira rapidement et que le forage sera remis en service. En attendant, chaque jour sans eau potable renforce la vulnérabilité des ménages et rappelle que l’accès à l’eau demeure un combat quotidien dans certaines localités du Kasaï-Oriental.
A lire aussi : Kasaï-Oriental : 48 % des filles se marient avant 18 ans ; Malnutrition infantile au Kasaï-Oriental : une formation pour inverser la tendance
Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: radiookapi.net
