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Malnutrition infantile au Kasaï-Oriental : une formation pour inverser la tendance

La malnutrition infantile demeure un problème de santé publique majeur au Kasaï-Oriental. Les données du Programme national de nutrition (PRONANUT) publiées en 2024 indiquent que 37,6 % des enfants de moins de cinq ans souffrent de malnutrition chronique, tandis que 8,3 % sont touchés par la malnutrition aiguë. Deux ans après, la situation reste inchangée, selon le PRONANUT, qui déplore l’absence d’actions concrètes pour inverser cette tendance.

Des chiffres qui dépassent les seuils acceptables

La malnutrition chronique, qui se manifeste par un retard de croissance, affecte plus d’un enfant sur trois dans la province. La malnutrition aiguë, forme plus sévère et potentiellement mortelle, touche près d’un enfant sur douze. Ces niveaux dépassent les seuils acceptables définis par les normes sanitaires, selon Vanessa Tshimpaka, formatrice chargée du programme nutrition au PRONANUT à Kinshasa. Elle pointe notamment les mauvaises pratiques d’alimentation du nourrisson comme facteur clé.

Ces chiffres traduisent une réalité quotidienne difficile pour les familles. Un enfant souffrant de malnutrition chronique voit sa croissance ralentie, ce qui peut affecter son développement physique et cognitif à long terme. La malnutrition aiguë, quant à elle, expose l’enfant à un risque accru de maladies et de décès si elle n’est pas prise en charge rapidement. Dans le Kasaï-Oriental, ces problèmes touchent des milliers de ménages, souvent confrontés à des difficultés d’accès à une alimentation variée et à des informations fiables sur les bonnes pratiques nutritionnelles.

Une formation pour renforcer les pratiques locales

Face à cette situation, une session de formation se tient à Mbuji-Mayi du lundi 10 au samedi 15 août. Elle réunit 32 participants, dont des acteurs de la société civile des provinces du Kasaï-Oriental, de la Lomami, du Kasaï-Central et du Kasaï, ainsi que des représentants de services publics comme l’Agriculture, les Affaires sociales, l’Environnement et le Genre. Organisée par le Programme d’appui au développement rural (PADRIR) et le PRONANUT, cette formation vise à renforcer les connaissances sur l’alimentation du nourrisson, du jeune enfant et la nutrition à assise communautaire.

L’objectif est de doter ces acteurs locaux des compétences nécessaires pour mener des actions de prévention efficaces. En effet, la malnutrition infantile est souvent liée à des pratiques inadaptées, comme le retard dans la mise au sein ou l’introduction trop précoce ou trop tardive d’aliments complémentaires. En formant les relais communautaires, les organisateurs espèrent créer un effet multiplicateur : chaque participant pourra ensuite sensibiliser de nombreuses familles dans sa zone d’intervention.

Des recommandations pratiques pour les ménages

Le PRONANUT recommande la mise au sein dans la première heure suivant l’accouchement, suivie d’un allaitement maternel exclusif durant les six premiers mois. À partir du sixième mois, l’introduction d’une alimentation diversifiée devient nécessaire pour répondre aux besoins nutritionnels croissants de l’enfant. Ces pratiques, si elles sont adoptées, peuvent prévenir la malnutrition infantile et améliorer la santé des enfants.

Ces recommandations sont simples mais essentielles. La mise au sein précoce permet au nouveau-né de bénéficier du colostrum, riche en anticorps et en nutriments. L’allaitement exclusif protège l’enfant contre les infections et lui assure une alimentation complète jusqu’à six mois. Ensuite, la diversification alimentaire doit être progressive et inclure des aliments locaux riches en protéines, en vitamines et en minéraux. Le non-respect de ces étapes peut entraîner des carences et favoriser la malnutrition.

Vers une sensibilisation accrue des communautés

L’atelier de Mbuji-Mayi doit préparer les cadres provinciaux et les organisations de la société civile à mener des campagnes de sensibilisation auprès des ménages. Ces campagnes porteront sur la mise au sein précoce, l’allaitement maternel exclusif et la diversification alimentaire après six mois. Les organisateurs espèrent ainsi contribuer à l’amélioration des pratiques nutritionnelles et à la réduction de la malnutrition chez les enfants de moins de cinq ans dans la province.

La réussite de cette initiative dépendra de la capacité des participants à transmettre les messages de manière claire et adaptée aux réalités locales. Les campagnes de sensibilisation devront toucher les mères, mais aussi les pères et les autres membres de la famille, car les décisions concernant l’alimentation des enfants sont souvent prises collectivement. En impliquant les services publics comme l’Agriculture et les Affaires sociales, les organisateurs espèrent également favoriser une approche multisectorielle de la lutte contre la malnutrition.

Article Ecrit par Amissi G

Source: radiookapi.net

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