Le suivi des contacts est l’un des piliers de la riposte contre Ebola. Il consiste à surveiller quotidiennement les personnes ayant été en contact avec un malade afin de détecter rapidement l’apparition de symptômes. En République démocratique du Congo, le taux national de suivi des contacts a atteint 86 % le 4 septembre, selon les données compilées par ACTUALITE.CD à partir de six rapports sanitaires successifs. Ce chiffre dépasse d’un point le seuil opérationnel de 85 %, mais il masque des disparités importantes entre les provinces.
Au niveau national, 25 500 personnes devaient être suivies ce jour-là. Parmi elles, 21 909 ont été vues, tandis que 3 591 n’ont pas été contactées. La moyenne nationale est donc légèrement au-dessus du seuil, mais elle est fortement influencée par la situation en Ituri, épicentre de l’épidémie. Cette province concentre à elle seule 13 839 contacts, soit plus de la moitié du total national, et affiche un taux de suivi de 89,8 %. Ce résultat tire mécaniquement la moyenne du pays vers le haut.
Quatre provinces sous le seuil de 85 %
La situation est plus préoccupante dans les quatre autres provinces pour lesquelles des données sont disponibles. Au Nord-Kivu, 7 910 personnes ont été suivies sur les 9 491 attendues, soit un taux de 83,3 %. Cela signifie que 1 581 contacts n’ont pas été vus au cours de cette journée. Dans la Tshopo, le taux tombe à 73,9 %, avec 246 contacts suivis sur 333. Le Haut-Uélé affiche un taux de 72,1 %, avec 1 215 personnes vues sur 1 685 attendues. Enfin, le Bas-Uélé présente le taux le plus faible : 69,7 %, avec 106 contacts suivis sur 152.
Ces chiffres montrent que, malgré une moyenne nationale au-dessus du seuil, la majorité des provinces renseignées restent en dessous de l’objectif fixé. Le poids de l’Ituri dans le total national explique cet écart entre la performance globale et les réalités locales.
Des résultats qui fluctuent selon les journées
L’examen des six rapports publiés entre le 30 août et le 4 septembre révèle également une forte variation des résultats. Le taux national est resté compris entre 86 % et 89 % pendant cette période, toujours au-dessus du seuil de 85 %. Mais les performances provinciales sont beaucoup plus instables. Au Nord-Kivu, le taux passe de 84,8 % le 30 août à 90,1 % le 1er septembre, avant de redescendre à 83,3 % le 4 septembre. Dans la Tshopo, il chute à 59,8 % le 2 septembre, puis remonte à 68,1 % le lendemain et à 73,9 % le 4 septembre. Le Haut-Uélé passe de 68,5 % le 30 août à 92,1 % le 3 septembre, avant de retomber à 72,1 % le jour suivant. Au Bas-Uélé, le taux reste inférieur à 70 % lors de plusieurs journées pour lesquelles les données provinciales sont disponibles.
Ces variations peuvent dépendre de la complétude du rapportage. Elles ne permettent pas, à elles seules, d’établir que les mêmes personnes ont échappé au suivi pendant plusieurs jours. Les chiffres quotidiens ne doivent donc pas être additionnés.
Un maillon essentiel de la riposte
Le suivi des contacts est crucial pour interrompre la chaîne de transmission du virus. Lorsqu’un contact n’est pas vu, les équipes sanitaires disposent de moins d’informations sur son état de santé. S’il développe des symptômes, son identification, son prélèvement et son isolement peuvent intervenir plus tardivement, augmentant le risque de propagation.
Le taux national de 86 % indique que l’objectif global est atteint de justesse. Mais la répartition provinciale révèle une autre réalité : dans plusieurs foyers, notamment au Nord-Kivu, dans la Tshopo, le Haut-Uélé et le Bas-Uélé, une part importante des personnes exposées reste encore hors du dispositif quotidien de surveillance. Cette situation souligne la nécessité de renforcer les efforts dans ces provinces pour atteindre le seuil de 85 % partout, et pas seulement en moyenne nationale.
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Article Ecrit par Amissi G
Source: Actualite.cd
