La défiance d’une partie de la population du Nord-Kivu et de l’Ituri complique la riposte contre l’épidémie d’Ebola. Selon André-Michel Essoungou, expert en lutte contre la désinformation, la circulation de fausses informations alimente cette méfiance et retarde la prise en charge des malades. Pour lui, rétablir la confiance est devenu un enjeu central pour freiner la transmission du virus.
Pourquoi la méfiance freine la riposte
Dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri, les équipes sanitaires font face à des résistances lors de leurs interventions. Ces refus sont souvent nourris par des rumeurs qui circulent au sein des communautés. Conséquence directe : des personnes malades tardent à se rendre dans les centres de traitement, ce qui augmente le risque de propagation du virus. André-Michel Essoungou explique que cette situation montre à quel point la désinformation peut avoir des effets concrets sur la santé publique. Chaque retard dans l’admission d’un patient complique le travail des équipes de riposte et expose davantage l’entourage du malade. La méfiance ne se limite pas à un simple rejet des consignes sanitaires ; elle se traduit par des comportements qui mettent en danger la vie des personnes infectées et de leurs proches.
Le dialogue local comme outil de réponse
Pour l’expert, la communication en santé publique doit changer d’approche. Il ne s’agit plus seulement de diffuser des messages, mais d’engager un véritable dialogue avec les populations concernées. Cela passe par une implication plus forte des acteurs locaux, capables de déconstruire les rumeurs et de porter une parole jugée crédible. L’objectif est de répondre aux préoccupations des habitants pour réduire la méfiance et favoriser l’adhésion aux mesures de prévention. André-Michel Essoungou insiste sur le fait que les communautés doivent se sentir écoutées et comprises. Sans cette écoute, les messages sanitaires risquent d’être perçus comme imposés de l’extérieur, ce qui renforce les résistances. Impliquer les leaders communautaires, les relais locaux et les personnes influentes dans les villages permet de créer un climat de confiance indispensable à l’efficacité de la riposte.
Le rôle des médias et des réseaux sociaux
André-Michel Essoungou appelle également les journalistes et les utilisateurs des réseaux sociaux à redoubler de vigilance. En période d’épidémie, la vérification des informations avant leur diffusion est essentielle. Une fausse nouvelle partagée rapidement peut avoir des conséquences graves sur le comportement des communautés. L’expert insiste : la lutte contre la désinformation ne peut pas être séparée de la riposte sanitaire. Mieux informer, c’est aussi mieux protéger. Les professionnels des médias ont une responsabilité particulière : ils doivent s’assurer de la fiabilité de leurs sources et éviter de relayer des contenus non vérifiés. Sur les réseaux sociaux, chaque utilisateur peut contribuer à freiner la propagation des rumeurs en prenant le temps de vérifier avant de partager. Cette vigilance collective est un maillon essentiel pour que les efforts des équipes de santé ne soient pas compromis par des informations erronées.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
