La Bisoïté nationale pour un Congo fort et prospère (BNCFP) a présenté, ce mardi à Kinshasa, une série de propositions en vue du dialogue national annoncé par le chef de l’État. Le parti de la coappartenance pose des préalables qui touchent à l’architecture de l’État et à la cohésion nationale, avec l’objectif affiché de refonder la quatrième République. Ces recommandations, portées par le président national intérimaire Bobo Ngonda Lingolo Bionique, dessinent une refonte profonde des institutions et des règles de gouvernance.
Des réformes institutionnelles pour un État recentré
Le président national intérimaire de la BNCFP, Bobo Ngonda Lingolo Bionique, a plaidé pour la suppression du Sénat, qualifié de « budgétivore, sans rendement concret pour le peuple ». Les ressources ainsi économisées seraient réorientées vers l’armée, l’éducation et le social. Il a également demandé la suppression des Assemblées provinciales, jugées « sources de clientélisme et de blocage institutionnel ».
La BNCFP propose aussi de remplacer le poste de Premier ministre par celui de Vice-Président de la République. Selon Bobo Ngonda, cette mesure vise à « mettre fin au bicéphalisme conflictuel de l’Exécutif ». Le Vice-Président, nommé par le Président, serait chargé des questions économiques, sociales et de développement, tandis que le Président se consacrerait à la défense nationale, à la sécurité et à la diplomatie. Cette répartition des rôles vise à clarifier les responsabilités au sommet de l’État et à éviter les blocages institutionnels.
Une administration territoriale repensée
Le parti exige la suppression des gouvernements provinciaux et la valorisation de l’administration. « Nous exigeons le retour à une administration forte. Les Chefs de Division provinciaux doivent être valorisés et des Directeurs de Province, hauts fonctionnaires de l’État, nommés pour gérer les provinces », a déclaré Bobo Ngonda. Il recommande également que les gouverneurs ne soient plus nécessairement originaires de leur province, mais nommés sur la base de la compétence, de la loyauté à la République et du mérite.
Cette proposition vise à rompre avec les logiques d’autochtonie qui, selon la BNCFP, entravent le développement des provinces. En privilégiant le mérite et la loyauté, le parti espère renforcer l’efficacité de l’administration territoriale et garantir une gestion plus équitable des ressources publiques.
Des préalables pour un dialogue de vérité
La BNCFP conditionne la participation au dialogue au dépôt préalable des armes et au renoncement à la violence. Elle demande un comité de pilotage composé de personnalités intègres et probes. Le parti souhaite aussi que le dialogue codifie le pouvoir coutumier, règle la question foncière et protège le petit commerce de détail pour les Congolais.
Enfin, la BNCFP exige une gestion transparente des redevances minières, une réforme de l’armée et des services de sécurité, la rationalisation des partis politiques et la régulation des confessions religieuses. Pour Bobo Ngonda, « le dialogue national doit être celui de la vérité, de la responsabilité et de la refondation, et non celui des arrangements particuliers ».
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Article Ecrit par Amissi G
Source: Actualite.cd
