L’annonce d’un dialogue national par le Président Félix Tshisekedi suscite une lecture critique de la part de Jean-Marc Kabund. Lors d’un échange en direct organisé par Stanis Bujakera Tshiamala, l’opposant a détaillé ce qu’il considère comme trois pièges majeurs dans la démarche présidentielle, pointant une confusion des rôles et un risque de dilution de la crise politique.
Un format de dialogue contesté
Pour Jean-Marc Kabund, le premier écueil réside dans la nature même de l’initiative. Il rappelle que la coalition C64, dont il est une figure, n’a pas réclamé un forum mais un cadre précis, avec un médiateur neutre et des mesures de confiance. Or, le format annoncé ne correspond pas à cette exigence. Cette divergence de conception pourrait, selon lui, vider le dialogue de sa substance avant même son ouverture.
Un président à la fois arbitre et partie
Le deuxième piège identifié concerne la position du Chef de l’État. Jean-Marc Kabund dénonce un dispositif où l’État organise le dialogue à travers ses institutions, tandis que le Président se positionne en arbitre. « Il est arbitre et en même temps partie », résume-t-il, soulignant une confusion des rôles qui fragiliserait la crédibilité du processus. Cette situation, selon l’opposant, empêcherait un traitement équitable des problèmes du pays.
Une consultation qui dilue la crise
Le troisième écueil tient à la dilution de la crise politique dans un vaste exercice de consultation populaire. Jean-Marc Kabund craint que l’issue se limite à un recueil de milliers de résolutions sans effet concret sur la situation du pays. Il rappelle que la C64 a par le passé reporté des actions de rue pour donner sa chance au dialogue, et interroge la volonté réelle du pouvoir de mettre fin aux crises qui, selon lui, profitent politiquement au régime en place.
Un discours sous influence ?
Au-delà des pièges structurels, Jean-Marc Kabund met en cause l’entourage présidentiel. Il appelle le Président à rédiger lui-même ses discours, accusant certains conseillers de défendre des intérêts particuliers au détriment de l’intérêt général. Il évoque notamment d’anciens adversaires politiques de l’UDPS, aujourd’hui rapprochés du pouvoir, qu’il tient pour responsables d’un discours « contradictoire ». Cette critique vise à expliquer les incohérences perçues dans l’annonce du dialogue.
L’opposant conclut sur une interrogation lourde de sens : tant qu’une partie du territoire reste en guerre, ni référendum ni élections ne seraient possibles. Il demande ouvertement à qui cette situation profite, laissant entendre que l’absence de résolution de la crise pourrait servir des intérêts politiques. Cette lecture, si elle n’est pas partagée par le pouvoir, illustre les profondes divergences sur la conduite du dialogue national à Kinshasa.
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Article Ecrit par Amissi G
Source: Actualite.cd
