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Beni : rentrée scolaire perturbée par la grève et Ebola

La rentrée scolaire 2026-2027 a été marquée, ce mardi 1er septembre à Beni, par une participation très inégale des élèves et des enseignants. Dans les écoles privées, quelques cours ont pu être dispensés, tandis que la plupart des établissements publics sont restés fermés en raison d’un mot d’ordre de grève lancé par plusieurs syndicats. Cette situation intervient dans un contexte où la ville du Nord-Kivu doit aussi faire face à la persistance de la maladie à virus Ebola, ce qui complique encore l’organisation de la reprise des cours.

Le constat sur le terrain montre une rentrée en demi-teinte. Selon les informations recueillies par des médias locaux, les écoles privées ont timidement rouvert leurs portes. Des enseignants, des élèves et des écoliers ont répondu présents, et certains parents se sont rendus dans les bureaux des établissements pour inscrire leurs enfants ou confirmer leur place. En revanche, dans les écoles publiques conventionnées et officielles, la grève a été largement suivie. Les rares élèves qui se sont présentés ont dû regagner leur domicile, faute d’enseignants pour les accueillir.

Un mot d’ordre syndical aux motivations multiples

La veille de la rentrée, l’Intersyndicale des enseignants de la province éducationnelle Nord-Kivu II avait appelé au boycott des cours. Dans une déclaration rendue publique le dimanche 30 août à Butembo, cette plateforme a évoqué trois raisons principales pour justifier sa position : la maladie à virus Ebola, la Mutuelle de santé des enseignants du secteur public (MESP) et la situation sécuritaire préoccupante dans plusieurs zones de la province. Selon l’Intersyndicale, cette décision concerne notamment l’axe allant de Kanyabayonga à Eringeti, ainsi que celui de Kyavinyonge à Mangolio.

Les enseignants estiment que les conditions sanitaires et sécuritaires ne sont pas suffisamment garanties pour protéger les élèves et le personnel éducatif. Ils demandent aux autorités compétentes de répondre à leurs revendications avant toute reprise normale des activités scolaires. Des échanges avec le gouvernement sont réclamés afin de trouver des solutions aux préoccupations soulevées.

Une grève nationale aux revendications salariales

Au niveau national, la Synergie des syndicats des enseignants de la RDC a également annoncé une grève générale à partir du 1er septembre. Dans un communiqué daté du 29 août, cette plateforme, qui regroupe notamment le SYNECAT, la CCT, le SYADEC, le COFEVID et le SYPEPCO, conditionne la reprise des activités à des réponses concrètes du gouvernement. Les revendications portent notamment sur un nouveau barème salarial avec un minimum de 500 dollars américains, le paiement de tous les enseignants NU et NP, et une meilleure organisation de la gratuité de l’enseignement primaire.

La Synergie exige aussi la tenue des États généraux de l’Inspection générale de l’enseignement, le paiement des intervenants et inspecteurs aux évaluations certificatives, ainsi que la restitution des missions réglementaires de l’inspection. D’autres demandes concernent la libération des espaces scolaires occupés par des commerces, l’accélération du transfert des enseignants à la Fonction publique, l’amélioration du processus de mise à la retraite et l’apurement des arriérés de salaires. Le mot d’ordre de grève est prévu du 1er au 12 septembre, avec une assemblée générale d’évaluation le 12 septembre pour décider de la suite du mouvement.

Des mesures sanitaires exigées par les autorités locales

Malgré la grève, le maire de Beni, Jacob Nyofondo-Tekodale, a maintenu la rentrée scolaire pour ce mardi 1er septembre. À l’issue d’une réunion extraordinaire tenue le dimanche 30 août avec le sous-proved et les représentants des enseignants, l’autorité urbaine a invité les parents à préparer leurs enfants pour la reprise des cours. Dans un communiqué officiel, le maire demande à toutes les écoles de se procurer des dispositifs de lavage des mains et des thermo-flashs, conformément aux directives du gouverneur du Nord-Kivu, afin de prévenir la propagation d’Ebola.

Une équipe sera déployée sur le terrain pour vérifier le respect de ces mesures et identifier les établissements qui ne se seraient pas conformés. Le maire appelle les responsables des écoles et les parents à prendre toutes les dispositions nécessaires pour assurer une rentrée scolaire dans le respect des mesures sanitaires. Cette exigence vise à rassurer la communauté éducative face à la persistance de l’épidémie, qui reste une source d’inquiétude majeure pour les enseignants et les familles.

La situation à Beni illustre les difficultés d’une rentrée scolaire sous tension, entre revendications sociales, craintes sanitaires et consignes officielles. Les prochains jours seront déterminants pour savoir si un dialogue entre les syndicats et le gouvernement permettra de débloquer la situation et d’assurer un retour effectif des élèves dans les salles de classe.

A lire aussi : Rentrée scolaire à Beni : les enseignants exigent des mesures anti-Ebola ; Rentrée scolaire maintenue en Ituri et au Nord-Kivu 2 malgré Ebola

Article Ecrit par Amissi G

Sources: Actualite.cd, actu30.cd, actu30.cd

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