La société civile congolaise se dote d’un nouvel outil de mobilisation. Lancée ce lundi 31 août 2026 à Kinshasa, l’Alliance citoyenne pour la patrie entend fédérer plus de cinquante organisations et personnalités autour d’un objectif commun : faire face au risque de balkanisation de la République démocratique du Congo. Cette initiative, portée notamment par Carbone Beni et Jean-Jacques Lumumba, se veut une réponse aux échecs des précédentes tentatives de rassemblement.
Une coalition née d’un constat d’échec
Lors de la cérémonie de lancement au Centre d’Études pour l’Action Sociale (CEPAS), Carbone Beni, coordonnateur de la plateforme, a reconnu que la société civile « tergiverse et patauge » et que l’élite congolaise peine à faire front commun. Il a expliqué que, face aux échecs passés, il fallait « changer de méthode, changer de tact, mettre en place une stratégie qui pourrait nous rassembler, mais aussi nous ressembler ». L’objectif affiché est de dépasser les divergences pour construire une force capable de peser sur les grandes questions nationales.
Un combat contre la corruption et pour l’intégrité territoriale
Jean-Jacques Lumumba, cofondateur de l’alliance, a placé son engagement dans la continuité de son combat contre la mauvaise gouvernance. Il a rappelé que la RDC subit une guerre économique externe, mais que la vraie destruction est interne : « c’est le vol, c’est la corruption, c’est la prédation ». Selon lui, si le Rwanda parvient à agresser la RDC par le biais de ses supplétifs de l’AFC-M23, c’est en raison de l’intelligence avec certains Congolais corrompus. Il a affirmé que « le combat n’a pas été déformé, nos engagements continuent à être intacts ».
L’apport de l’expertise scientifique et juridique
L’alliance ne se limite pas à la dénonciation. Le professeur Grâce Muwawa, président de l’Académie congolaise de droit des affaires, gouvernance économique et des réformes institutionnelles (Nomos Academia), a rejoint la plateforme pour y apporter « la recherche, l’expertise, l’analyse juridique, économique et institutionnelle, ainsi que la reformulation des propositions de réforme ». Il a souligné qu’une mobilisation citoyenne est plus forte lorsqu’elle repose sur des diagnostics sérieux et des propositions juridiquement fondées. « Il ne suffit pas de dénoncer, il faut aussi proposer », a-t-il déclaré.
Cinq priorités pour la refondation de l’État
L’Alliance citoyenne pour la patrie se structure autour de cinq axes : la souveraineté et l’intégrité territoriale, le dialogue et la cohésion nationale, la gouvernance économique, la justice et la lutte contre la corruption, ainsi que l’éveil patriotique de la jeunesse. Concernant le dialogue national, la plateforme privilégie des concertations ascendantes, allant de la base au sommet. Elle estime que la participation de l’AFC-M23 doit rester tributaire des conclusions des discussions engagées entre le gouvernement et le mouvement à Doha. La déclaration officielle de lancement résume l’ambition : « Nous voulons une société civile capable de parler au pouvoir sans lui appartenir, capable de dialoguer avec l’opposition sans devenir son instrument, capable de participer au dialogue national sans servir d’alibi ».
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Article Ecrit par Amissi G
Sources: Actualite.cd, actu30.cd
