La Première ministre Judith Suminwa Tuluka a réuni, lundi 31 août à Kinshasa, plusieurs membres du gouvernement pour définir une stratégie de lutte contre les érosions et les inondations. Cette rencontre intervient à l’approche de la saison des pluies, période durant laquelle ces phénomènes menacent les habitations, les routes et d’autres infrastructures essentielles.
Autour de la cheffe du Gouvernement, les vice-Premiers ministres de l’Économie, Daniel Mukoko Samba, et du Budget, Adolphe Muzito, ainsi que les ministres des Infrastructures et Travaux publics, John Banza, et des Finances, Doudou Fwamba, ont pris part aux échanges. La réunion fait suite aux orientations données par Judith Suminwa lors du Conseil des ministres du 28 août, qui insistait sur la nécessité d’anticiper les risques liés à la saison des pluies et à la rentrée scolaire.
Une stratégie en trois phases pour répondre à l’urgence
À l’issue de la rencontre, le ministre des Infrastructures et Travaux publics, John Banza, a annoncé une stratégie structurée en trois phases, couvrant une période pouvant aller jusqu’à dix ans. La première phase, prévue sur une année, sera consacrée aux interventions urgentes sur les sites déjà identifiés comme les plus dangereux, afin de réduire rapidement les risques pour les populations et les infrastructures.
Entre un et cinq ans, la deuxième phase portera notamment sur les études techniques ainsi que l’élaboration ou l’actualisation des plans directeurs de plusieurs grandes villes. La troisième phase, qui s’étendra jusqu’à dix ans, vise à apporter des réponses durables au phénomène, à travers une meilleure planification urbaine et une occupation plus rationnelle des espaces.
Des travaux déjà engagés à Kinshasa
Le ministre John Banza a également insisté sur la nécessité d’aller au bout des travaux engagés. Selon lui, les chantiers anti-érosifs nécessitent des moyens importants et un suivi rigoureux afin d’éviter que les ouvrages réalisés ne soient à nouveau fragilisés ou détruits. Le phénomène concerne plusieurs régions du pays et ne se limite pas à Kinshasa. Des villes et cités sont confrontées à des têtes d’érosion qui menacent les habitations, les routes et d’autres infrastructures essentielles. Kikwit figure notamment parmi les zones évoquées par le ministre.
À Kinshasa, certains travaux sont déjà en cours. Dans la commune de Ngaliema, un collecteur de six kilomètres est construit pour canaliser les eaux provenant de la zone de l’érosion Bolikango vers la baie de Ngaliema, avant leur évacuation dans le fleuve Congo. Sur instruction de Judith Suminwa, une délégation de la Primature conduite par Gérard Ntumba, directeur de cabinet adjoint, avait récemment inspecté l’évolution de ce chantier. Entièrement financé par le Gouvernement central, l’ouvrage est exécuté par l’Entreprise Aaron Sefu (EAS), avec un délai contractuel de quatre ans.
Un enjeu de planification urbaine
Pour le Gouvernement, l’enjeu est désormais de s’attaquer également aux causes du phénomène, notamment à travers une meilleure organisation de l’urbanisation et de l’occupation des espaces. Cette approche vise à réduire la vulnérabilité des populations face aux érosions et aux inondations, en intégrant la prévention dans les politiques d’aménagement du territoire.
La stratégie annoncée par le gouvernement de Judith Suminwa s’inscrit dans une logique de long terme, avec des interventions d’urgence mais aussi des réformes structurelles. La mise en œuvre de ces mesures sera déterminante pour protéger les infrastructures et les populations, alors que la saison des pluies approche et que les risques d’érosion et d’inondation augmentent.
Article Ecrit par Amissi G
Source: actu30.cd
