La parution de l’ouvrage « La théorie de la guerre juste à l’épreuve de la guerre asymétrique » du Général Eddy Kapend a été officialisée lors d’une cérémonie de vernissage à l’université de Kolwezi, présidée par la Gouverneure du Lualaba, Fifi Masuka Saini. L’événement a rassemblé des autorités nationales, des professeurs, des chercheurs ainsi que des responsables militaires et policiers, marquant une étape dans la réflexion stratégique sur les conflits contemporains.
Une doctrine classique confrontée aux réalités modernes
L’auteur revisite les fondements de la théorie de la guerre juste, héritée de Saint Augustin et de Saint Thomas d’Aquin, qui repose sur trois principes : le jus ad bellum (droit de recourir à la guerre), le jus in bello (droit applicable pendant la guerre) et le jus post bellum (droit applicable après la guerre). Selon les analyses développées dans le livre, ces principes sont aujourd’hui mis à l’épreuve par les guerres asymétriques, qui brouillent les repères traditionnels et compliquent l’application du droit des conflits armés, en particulier le jus in bello. La distinction entre combattants et non-combattants devient floue, et la protection des civils se heurte à des tactiques non conventionnelles. L’ouvrage interroge ainsi la capacité des cadres juridiques classiques à encadrer des affrontements où les acteurs étatiques et non étatiques se mêlent dans des environnements complexes.
Des interrogations majeures sur la protection et la légitimité
Le Général Kapend soulève plusieurs questions centrales : la protection des civils, la distinction entre combattants et non-combattants, la légitimité du recours à la force et la conciliation entre efficacité opérationnelle et respect du droit international humanitaire. Il défend la conviction que les doctrines militaires doivent évoluer sans renoncer aux principes fondamentaux de justice, de proportionnalité et d’humanité. Cette position s’inscrit dans une analyse plus large des mutations des conflits contemporains, à la croisée du droit international, de la philosophie politique et de la stratégie militaire. L’auteur met en garde contre une adaptation qui sacrifierait les garde-fous juridiques au nom de l’efficacité, plaidant pour une réinterprétation des principes classiques plutôt que leur abandon.
Un outil pour les décideurs face aux crises sécuritaires
Au-delà du cadre académique, l’ouvrage s’adresse aux chercheurs, décideurs publics, responsables militaires, juristes et étudiants. Il apporte un éclairage aux pays confrontés à des crises sécuritaires complexes, dans un contexte où les conflits évoluent plus rapidement que les doctrines destinées à les encadrer. La publication constitue une contribution au débat scientifique sur les enjeux contemporains de sécurité et de défense. La présence de la Gouverneure Fifi Masuka Saini à la cérémonie souligne l’intérêt des autorités provinciales pour ces questions stratégiques, dans une région où les dynamiques sécuritaires restent préoccupantes. L’ouvrage pourrait ainsi servir de référence pour les états-majors et les institutions chargées de la réforme du secteur de la sécurité, en offrant des pistes de réflexion pour adapter les cadres doctrinaux aux réalités du terrain.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: actu30.cd
