Le ministre de la Santé, Roger Kamba, a annoncé ce jeudi 2 juillet qu’au moins 200 guérisons ont été enregistrées dans les trois provinces touchées par l’épidémie d’Ebola : Ituri, Nord‑Kivu et Sud‑Kivu, couvrant 36 zones de santé. Cette annonce intervient alors que la flambée actuelle est qualifiée de plus grave jamais enregistrée en RDC par le Dr Jean Kaseya, directeur général du Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC). En six semaines, elle a causé 440 morts, soit quatre fois plus que l’épidémie d’Afrique de l’Ouest sur une période équivalente. Le nombre de personnes contacts est passé de 500 à environ 11 000 en quelques semaines, illustrant l’ampleur de la propagation.
Une stratégie coordonnée pour contenir le virus
Roger Kamba a détaillé la stratégie gouvernementale mise en place pour faire face à cette crise sanitaire. Elle repose sur l’activation du système national de gestion des incidents et une coordination étroite avec Africa CDC, l’OMS et les partenaires techniques et financiers. L’approche s’articule autour d’« un seul plan, une seule équipe et un seul budget », a-t-il précisé. Cette coordination vise à éviter les doublons et à optimiser l’utilisation des ressources dans un contexte où les besoins sont immenses.
Des progrès attribués à la surveillance et aux laboratoires
Le ministre attribue les progrès enregistrés, notamment les 200 guérisons, aux efforts de surveillance épidémiologique et au déploiement de laboratoires mobiles et fixes. Ces infrastructures ont été installées y compris dans des zones qui étaient auparavant dépourvues de capacités de diagnostic. Cela permet de confirmer rapidement les cas suspects et de briser les chaînes de transmission plus efficacement. La détection précoce est un pilier essentiel de la riposte, car elle permet d’isoler les malades et de suivre les contacts avant que le virus ne se propage davantage.
Une réponse humanitaire globale face à des crises multiples
Le Dr Jean Kaseya a salué les guérisons tout en rappelant que les zones touchées par Ebola connaissent aussi des cas de rougeole et de choléra. Cette superposition d’urgences sanitaires nécessite une réponse humanitaire globale, qui ne se limite pas à la seule lutte contre le virus Ebola. Les populations affectées sont confrontées à des risques multiples, et les systèmes de santé locaux sont mis à rude épreuve. La coordination entre les différents acteurs est donc cruciale pour éviter une détérioration de la situation sanitaire générale.
Des financements mobilisés pour renforcer la riposte
Le Président Félix‑Antoine Tshisekedi a annoncé la mobilisation de 50 millions USD pour renforcer la riposte. « Cette mobilisation traduit la volonté de l’État congolais d’assumer pleinement ses responsabilités dans la protection de la santé publique », a‑t‑il déclaré lors de la visite officielle de son homologue sud‑africain Cyril Ramaphosa à l’INRB. La Banque mondiale a également promis 13 millions USD pour soutenir la riposte, en plus des 46 millions USD déjà déployés dans le cadre du projet de préparation et de résilience aux urgences sanitaires. Ces fonds doivent permettre de renforcer les capacités de diagnostic, la surveillance et la prise en charge des malades, tout en soutenant les communautés affectées.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
