La province du Kwango vient de lancer une riposte d’urgence contre l’épidémie de choléra qui sévit dans le territoire de Popokabaka, avec la livraison de matériel médical et le renforcement des capacités du personnel soignant. Cette maladie diarrhéique aiguë, qui se transmet par l’eau ou les aliments souillés, a déjà causé 10 décès sur plus de 130 cas signalés depuis fin mai. La rapidité de la réponse provinciale vise à contenir la propagation et à réduire la létalité dans une zone où l’accès aux soins reste fragile.
Un appui logistique ciblé pour briser la chaîne de transmission
Pour contenir la propagation, les autorités provinciales ont acheminé 48 lots d’intrants spécifiques vers la zone de santé touchée. Ces kits comprennent des antibiotiques, des liquides de perfusion, des tests de dépistage rapide et du chlore. L’objectif est triple : assurer une prise en charge rapide des malades, désinfecter les foyers de contamination et chlorer les points d’eau, principale voie de diffusion du vibrion cholérique. La chloration de l’eau est une mesure de santé publique essentielle car elle permet d’éliminer la bactérie dans les sources d’approvisionnement communautaires, réduisant ainsi le risque de nouvelles infections. En parallèle, la désinfection des foyers vise à assainir les environnements domestiques où la maladie a été détectée, limitant la transmission entre les membres d’une même famille.
Des soignants formés pour une réponse plus efficace
Au-delà de l’équipement, le gouverneur Willy Bitwisila a annoncé l’envoi prochain d’une mission de remise à niveau destinée aux infirmiers de la région. « Nous nous préparons à envoyer une mission pour la remise à niveau des infirmiers afin de les rendre encore plus efficaces pour assurer la riposte », a-t-il déclaré. Cette formation vise à actualiser les protocoles de traitement et les gestes barrières, essentiels pour réduire la létalité de la maladie. En effet, une prise en charge correcte du choléra repose sur une réhydratation rapide, par voie orale ou intraveineuse selon la gravité, et sur l’administration d’antibiotiques dans les cas sévères. Des soignants bien formés sont capables de reconnaître les signes de déshydratation et d’agir vite, ce qui peut faire la différence entre la vie et la mort. La mission devrait également renforcer les compétences en matière de surveillance épidémiologique, afin de détecter précocement les nouveaux cas et d’isoler les malades.
Une épidémie confirmée après des semaines d’alertes
Les premiers signaux épidémiologiques remontent au 24 mai dernier. Sur les 136 cas rapportés, seuls 11 échantillons ont été prélevés, et 3 d’entre eux ont été confirmés positifs par l’Institut national de recherche biomédicale. Ce faible taux de confirmation ne doit pas rassurer : il reflète souvent les limites des capacités de prélèvement et d’analyse en zone rurale, plutôt qu’une faible circulation du vibrion. Le choléra peut tuer en quelques heures par déshydratation sévère si la réhydratation n’est pas immédiate. Dans le contexte de Popokabaka, où l’accès à l’eau potable et aux structures de santé est limité, chaque heure compte. La confirmation en laboratoire de trois cas suffit à déclencher une réponse d’urgence, car elle indique une circulation active de la bactérie dans la communauté.
L’hygiène, premier rempart pour les communautés
Face à la menace, le gouverneur a insisté sur le respect des mesures d’hygiène individuelles et collectives. Se laver les mains à l’eau propre et au savon, consommer de l’eau potable et bien cuire les aliments sont des réflexes simples mais vitaux. Ces gestes barrières interrompent la transmission fécale-orale du vibrion cholérique. La province avait déjà envoyé des médicaments avant même la déclaration officielle de l’épidémie, preuve d’une anticipation qui pourrait limiter l’ampleur de la crise sanitaire. Willy Bitwisila a souligné cet effort précoce : « Avant que l’épidémie ne soit déclarée, la province a dû envoyer des médicaments pour commencer la riposte. Et lorsque l’épidémie a été déclarée, la province s’est encore investie pour envoyer un lot important de médicaments afin d’appuyer la riposte. » Cette réactivité montre une volonté de ne pas attendre la confirmation officielle pour agir, une approche recommandée par les experts en santé publique pour éviter une flambée épidémique. Les communautés sont appelées à signaler tout cas de diarrhée aiguë et à se rendre immédiatement dans un centre de santé, car la gratuité des soins est souvent assurée lors de telles ripostes.
Article Ecrit par Amissi G
Source: Actualite.cd
