À Goma, des centaines de personnes vivent encore avec les séquelles des bombardements et explosions survenus en janvier 2025. Le Comité international de la Croix‑Rouge (CICR) a mis en place un programme destiné aux victimes de guerre, permettant à de nombreux survivants de bénéficier de prothèses et de poursuivre leur rééducation au Centre pour handicapés Shirika la Umoja. Ce dispositif redonne une mobilité essentielle à ceux qui ont perdu un membre, mais aussi un espoir de retrouver une vie quotidienne.
Un parcours de rééducation après les bombardements
Parmi les bénéficiaires, Neema Balungwe Sylvie, mère de six enfants et désormais veuve, réapprend à marcher avec ses nouvelles prothèses. Elle a perdu son mari lorsque leur maison a été frappée par une bombe. « Avec ces prothèses, j’ai l’espoir que je vais pouvoir remarcher, reprendre ma vie d’avant et chercher à répondre aux besoins de mes enfants », confie-t-elle. La rééducation est un processus progressif : il s’agit d’adapter le corps à ces nouveaux appuis, de renforcer les muscles et de retrouver l’équilibre. Au centre Shirika la Umoja, les patients bénéficient d’un suivi personnalisé pour apprendre à utiliser ces dispositifs médicaux qui remplacent une partie du membre perdu.
L’impact durable des conflits sur les civils
Les blessures de guerre ne se limitent pas aux lésions physiques. Sylvie rappelle que la guerre a bouleversé sa vie : « Normalement, la guerre n’est pas bonne, elle n’est pas bonne du tout. Si aujourd’hui je n’ai plus mes deux jambes, c’est un accident lié à la guerre. Je suis veuve, c’est à cause de la guerre. Personne ne peut souhaiter la guerre parce qu’elle cause beaucoup de blessures. Ce que nous demandons, c’est la paix ». Ces propos illustrent comment les violences armées détruisent les structures familiales et économiques. Pour une mère de six enfants, l’incapacité de se déplacer signifie une dépendance accrue et une difficulté à subvenir aux besoins du foyer. La réadaptation physique devient alors un levier pour regagner une autonomie, même si les cicatrices psychologiques demeurent.
Le rôle des prothèses dans la reconstruction personnelle
Les prothèses fournies par le CICR ne sont pas de simples appareils : elles représentent une chance de retrouver des gestes du quotidien. La rééducation vise à ce que la personne puisse se tenir debout, marcher, et effectuer des tâches essentielles. Pour Sylvie, cet espoir est concret : « Avec ces prothèses, j’ai l’espoir que je vais pouvoir remarcher, reprendre ma vie d’avant et chercher à répondre aux besoins de mes enfants ». Ce processus demande du temps et de la persévérance, mais il est crucial pour sortir de la dépendance. Le centre Shirika la Umoja offre un cadre où les patients partagent leurs expériences et se soutiennent mutuellement, ce qui renforce la motivation.
Un appel à la paix porté par les survivants
Au-delà de l’aide matérielle, les survivants comme Sylvie portent un message fort. Elle appelle ceux qui font la guerre à trouver d’autres moyens de régler leurs conflits, consciente que même si la paix revient, la photo de sa famille ne pourra jamais être reconstituée. Cet appel résonne avec les principes humanitaires : la protection des civils doit être une priorité. Le programme du CICR montre qu’une réponse médicale et sociale est possible, mais il ne peut effacer les pertes humaines. La rééducation et les prothèses offrent une voie de reconstruction, mais la prévention des violences reste le seul moyen d’éviter de telles souffrances.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
