Le gouvernement congolais veut faire de l’immatriculation des coopératives un passage obligatoire pour structurer le monde rural et faciliter l’accès aux financements. Le ministre du Développement rural, Grégoire Mutshail Mutomb, l’a rappelé à Kindu, dans le Maniema, à l’occasion de la journée internationale des coopératives, célébrée samedi 4 juillet.
Cette célébration s’est tenue autour du thème mondial « Les coopératives au service de la paix dans le monde ». En République démocratique du Congo, le gouvernement a retenu une déclinaison nationale centrée sur la paix et la sécurité. Le message officiel inscrit ainsi les sociétés coopératives dans un cadre institutionnel plus large, marqué par la recherche de cohésion sociale et par les conflits signalés dans l’Est du pays.
Kindu lance l’immatriculation au Maniema
La cérémonie organisée à Kindu Maniema a notamment servi au lancement officiel de l’immatriculation des coopératives dans cette province. Elle a aussi permis la remise des registres provinciaux aux coordonnateurs, la sensibilisation des autorités sur l’importance du mouvement coopératif et l’inventaire des organisations rurales et périurbaines.
Pour le ministère du Développement rural, cette étape doit permettre de donner un cadre administratif plus lisible aux organisations concernées. Les responsables des coopératives sont appelés à se rapprocher des coordinations provinciales et du Service national des coopératives afin de s’enregistrer. Cette procédure est présentée comme une condition pour accéder aux facilités prévues, notamment dans le domaine du financement agricole rural.
Un registre national au centre de la procédure
Dans son intervention, Grégoire Mutshail Mutomb a détaillé les orientations confiées à son ministère. Il a indiqué qu’une attention particulière est portée aux coopératives et que des recommandations ont été formulées pour concrétiser cette vision. Celle-ci repose sur trois axes : l’opérationnalisation du registre national, le renforcement du secteur agricole et l’accès aux financements.
Le registre national doit doter les sociétés coopératives d’une personnalité juridique officielle. L’objectif annoncé est de leur permettre d’exercer dans un cadre sécurisé et de nouer des partenariats considérés comme fiables. Cette orientation place l’immatriculation des coopératives au cœur de la stratégie publique, avant toute montée en puissance du mouvement coopératif.
Le ministre a également lié cette démarche à la structuration des agriculteurs autour des filières porteuses, ainsi qu’aux sociétés coopératives multisectorielles et polyvalentes. Selon lui, ce dispositif doit contribuer à dynamiser les économies rurales, soutenir les producteurs et accompagner l’objectif de souveraineté alimentaire.
Financement et sécurité juridique
L’accès aux financements constitue l’autre volet majeur du dispositif présenté. Le ministre a affirmé que l’immatriculation dans les registres officiels est une condition nécessaire pour permettre aux habitants du monde rural et aux petits producteurs d’accéder aux financements des banques et des institutions de microfinance.
Cette précision donne une portée pratique à la réforme annoncée. Sans enregistrement officiel, les coopératives restent en dehors du circuit administratif mis en avant par le gouvernement. Avec l’immatriculation, elles sont appelées à disposer d’un statut reconnu, susceptible de faciliter leurs démarches auprès des partenaires financiers cités par le ministère.
Le discours reste toutefois encadré par les étapes annoncées. Le gouvernement n’a pas présenté, dans cette intervention, de calendrier chiffré pour l’ensemble du territoire. La première étape mentionnée demeure la cartographie des coopératives, prévue dans la feuille de route nationale élaborée après l’atelier de réflexion organisé en décembre 2025.
Les coopératives liées à la cohésion sociale
Le thème national retenu, « Les coopératives, un des enjeux majeurs pour la paix et la sécurité en République Démocratique du Congo », inscrit le dossier dans une approche à la fois économique et sociale. Le gouvernement met en avant la capacité des coopératives à renforcer les liens entre communautés, à favoriser l’inclusion et à soutenir la cohésion sociale.
À Kindu, Grégoire Mutshail Mutomb a présenté les coopératives comme un moteur de résilience pour les communautés rurales et périurbaines. Cette position reste liée à une exigence d’organisation. Le ministre affirme que les coopératives, lorsqu’elles sont structurées et accompagnées, peuvent devenir un levier important pour revitaliser ces communautés.
La suite dépendra donc de la mise en œuvre administrative annoncée : identification des structures existantes, enregistrement dans les coordinations provinciales, remise des registres et accompagnement par les services compétents. Pour l’exécutif, la crédibilité de cette politique passera par la capacité à transformer le discours de Kindu en procédures accessibles aux coopératives concernées.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd
