La RDC a ouvert un nouveau front judiciaire contre le Rwanda en saisissant la Cour internationale de justice, avec une accusation lourde: engager la responsabilite de Kigali dans plus de trois decennies de violences dans l est congolais. Ce depot, rendu public vendredi 27 juin, intervient au moment meme ou plusieurs indicateurs montrent que l accord de Washington, censé desserrer l etau regional, avance encore trop lentement pour modifier le terrain.
Kinshasa demande une reconnaissance de responsabilite et des reparations
Selon les elements rendus publics par l Associated Press et la Cour elle-meme, la RDC invoque plusieurs conventions internationales et demande a la juridiction de declarer le Rwanda responsable, d ordonner l arret des violations alleguees, d exiger des garanties de non-repetition et d accorder des reparations a l Etat congolais ainsi qu aux victimes civiles. Kigali n avait pas encore repondu publiquement au moment des premiers comptes-rendus, tandis que les experts de l ONU continuent de documenter le role attribue au Rwanda aux cotes du M23.
La saisine arrive dans un contexte diplomatique fragilise
Le calendrier n est pas neutre. Deux jours plus tot a Londres, le Comite conjoint de suivi avait encore promis de rendre effectif le cessez-le-feu, d apaiser les tensions autour de Minembwe et de relancer la mise en oeuvre des mecanismes prevus par l accord de Washington. Mais le decalage entre les declarations et la situation securitaire reste entier, notamment avec la poursuite des combats et une crise humanitaire toujours lourde dans l est du pays.
Un an apres Washington, le barometre parle d une execution encore partielle
Le rapport annuel relayé par Actualite.cd sur le premier anniversaire de l accord de Washington ajoute un autre element de pression. Le Barometre des Accords de Paix en Afrique y estime le taux global de mise en oeuvre a 35 %, avec 31,7 % pour les engagements attribués a la RDC et 30,6 % pour ceux du Rwanda. Autrement dit, la diplomatie continue d avancer sur le papier, mais sans encore produire la bascule strategique attendue sur le terrain.
Ce qu il faut retenir: la RDC mise de nouveau sur le droit international, mais cette saisine arrive surtout comme le symptome d un processus politique qui n a pas encore converti ses promesses en stabilisation durable.
Article Ecrit par Cedric Botela
Sources : Associated Press, Cour internationale de justice, Actualite.cd.
