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À Kinshasa, la SAVOC lie droits des veuves et autonomie

À Kinshasa, la journée des veuves et orphelins a mis en lumière une difficulté concrète pour de nombreuses familles en République démocratique du Congo : l’accès effectif aux biens, aux droits successoraux et aux ressources économiques. La Synergie des associations des veuves et orphelins du Congo, SAVOC, a dénoncé le 23 juin les injustices qui touchent ces personnes, alors même que des textes juridiques existent pour les protéger.

Le sujet dépasse la seule question sociale. Lorsqu’une veuve ou un orphelin perd l’accès à un héritage, à un logement ou à une activité génératrice de revenus, c’est l’équilibre économique du ménage qui est directement fragilisé. C’est sur ce lien entre protection juridique et autonomie économique que la SAVOC Kinshasa, par la voix de sa présidente Mado Ekene, a formulé ses recommandations.

Des droits encore difficiles à faire respecter

Selon la SAVOC, plusieurs veuves et orphelins font face à la spoliation des biens, à l’exclusion successorale, à la discrimination sociale et au manque d’opportunités économiques. Ces situations signifient, de manière pratique, qu’une personne déjà fragilisée par la perte d’un conjoint ou d’un parent peut aussi être privée de ressources nécessaires à la vie quotidienne.

L’association souligne que le problème ne vient pas uniquement de l’absence de textes protecteurs. Malgré l’existence de lois, certaines veuves et certains orphelins restent soumis au poids de coutumes parfois sévères envers eux. Cette tension entre la protection prévue par le droit et les pratiques vécues dans les familles ou les communautés rend l’application des garanties plus complexe.

La succession, un enjeu économique familial

La spoliation successorale n’est pas seulement une affaire de patrimoine. Elle peut déterminer la capacité d’un ménage à se loger, à maintenir une activité ou à préserver un minimum de stabilité après un décès. Quand l’exclusion successorale touche les veuves et les orphelins, elle réduit leur marge de décision et peut renforcer leur dépendance économique.

C’est pourquoi la question posée par la SAVOC rejoint les préoccupations économiques de base : sécuriser les droits, c’est aussi sécuriser les moyens de subsistance. Pour les familles concernées, l’accès aux biens et aux ressources n’est pas une notion abstraite. Il conditionne la possibilité de faire face aux besoins quotidiens et de reconstruire une autonomie.

Les mesures proposées par Mado Ekene

Face à cette situation, Mado Ekene recommande l’adoption de réformes juridiques protectrices, la création de structures d’accueil d’urgence et le développement de programmes durables d’autonomisation économique. Ces trois axes répondent à des besoins différents mais liés : mieux protéger les droits, offrir une réponse immédiate aux cas les plus difficiles et construire des solutions de revenu sur la durée.

Dans cette approche, la réforme juridique vise à rendre la protection plus effective. Les structures d’accueil d’urgence permettraient, selon la logique défendue par l’association, de répondre aux situations où les veuves et les orphelins se retrouvent sans appui immédiat. Les programmes d’autonomisation économique, eux, visent à réduire la dépendance en donnant accès à des activités capables de soutenir les ménages.

Le ministère du Genre promet un appui

La ministre du Genre, de la Famille et de l’Enfant, Micheline Ombae, a salué la résilience des veuves et leur rôle dans la survie des familles à travers le pays. À l’occasion de cette journée, elle a réaffirmé la volonté du Gouvernement de garantir leur protection et de faciliter leur accès aux ressources économiques.

La ministre a déclaré : « Nous nous engageons à renforcer la protection juridique des veuves dans les affaires successorales, en valorisant le code de la famille et en offrant en accompagnement juridique adapté. Nous nous engageons à promouvoir l’accès aux ressources économiques en facilitant l’intégration des veuves dans le programme de microfinances, de formation professionnelles et d’activités génératrices des revenus ».

Pour les veuves et les orphelins concernés, l’enjeu sera désormais de voir comment ces engagements se traduisent dans l’accès réel au droit, à l’accompagnement et aux ressources économiques. Les faits rapportés par la SAVOC montrent que la protection existe dans les principes, mais que son application reste déterminante pour les familles touchées.

Article Ecrit par Amissi G

Source: radiookapi.net

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