AccueilActualitéSecuritéSud-Kivu : 22 combattants Twirwaneho-M23 déposent les armes à Fizi et Mwenga

Sud-Kivu : 22 combattants Twirwaneho-M23 déposent les armes à Fizi et Mwenga

Vingt-deux combattants de la coalition rebelle Twirwaneho-M23/Red Tabara, soutenue par le Rwanda, ont déposé les armes dans les hauts plateaux de Fizi et Mwenga, au Sud-Kivu, à l’issue d’opérations menées par les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC).

Selon l’état-major des opérations Sukola 2 Sud-Kivu, cinq rebelles ont été capturés et dix-sept autres se sont volontairement rendus lors d’affrontements à Mikenge, Kakenge et Mont Sinaï, dans le secteur d’Itombwe, à cheval entre les territoires de Fizi et de Mwenga. Ces localités, situées dans une zone montagneuse difficile d’accès, constituent un bastion historique des groupes armés opérant dans la région.

Un accueil encadré au poste de commandement

Présentés au commandant des opérations Sukola 2 Sud-Kivu, le colonel d’état-major Apoko Bangala Michel, les ex-combattants ont bénéficié d’un accueil jugé digne avant d’être conduits au poste de commandement de la 13ᵉ brigade de réaction rapide pour un réarmement moral. Cette procédure standard vise à évaluer leur état psychologique et à préparer leur éventuelle réintégration dans le processus de paix.

Parmi eux figure un jeune membre de la communauté Banyamulenge, ancien élément du groupe armé Twirwaneho. Après sa reddition, il a affirmé avoir été victime de manipulations et salué le traitement reçu au sein de l’armée congolaise. Son témoignage met en lumière les dynamiques de recrutement forcé et de désinformation qui alimentent les rangs rebelles dans cette partie du Sud-Kivu.

Des appels à quitter les rangs rebelles

« Contrairement à ce qui est souvent raconté, j’ai été bien accueilli par les FARDC. Je me sens en sécurité et je reçois un traitement digne. J’ai compris que certaines personnes cherchent à nous diviser à travers de fausses informations. J’appelle mes frères qui sont encore dans les rangs de Twirwaneho à quitter ce mouvement et à se rendre aux FARDC, car c’est l’armée nationale chargée d’assurer la sécurité de la population et de ses biens », a-t-il déclaré.

Un autre combattant ayant fait défection a lancé un appel similaire à ses anciens compagnons : « J’invite mes frères de la communauté Banyamulenge qui se trouvent encore dans les groupes armés à déposer les armes et à rejoindre le processus de paix. La guerre n’apporte que des souffrances. Nous devons tous contribuer au retour de la stabilité et de la cohabitation pacifique dans notre région. » Ces déclarations, bien que ponctuelles, pourraient influencer d’autres combattants hésitants, dans un contexte où les opérations militaires s’intensifient.

Un impact opérationnel souligné par l’armée

Pour le sous-lieutenant Mbuyi Kalonji Reagan, porte-parole des opérations Sukola 2 Sud-Kivu, ces redditions traduisent l’impact des opérations menées par les FARDC dans cette partie du Sud-Kivu et la volonté croissante de certains combattants de regagner la vie civile et de participer aux efforts de pacification. L’officier a toutefois rappelé que la situation sécuritaire reste volatile, et que les opérations se poursuivent pour neutraliser les poches de résistance restantes.

Ces redditions interviennent alors que les FARDC multiplient les offensives contre les groupes armés dans les hauts plateaux, une région marquée par des conflits communautaires récurrents. Le processus de désarmement, démobilisation et réintégration (DDR) demeure un défi majeur pour les autorités, qui doivent garantir la sécurité des ex-combattants tout en évitant les récidives. Les prochaines étapes incluront un profilage approfondi des individus et, le cas échéant, leur orientation vers des programmes de réinsertion socio-économique.

Article Ecrit par Cédric Botela

Source: actu30.cd

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