La province du Haut-Katanga traverse une période d’incertitude institutionnelle qui freine son développement économique. L’Alliance nationale des fédéralistes kyunguistes (ANAFEC) a officiellement demandé à la Commission électorale nationale indépendante (CENI) d’organiser l’élection du gouverneur et du vice-gouverneur. Cette requête, déposée mardi 9 juin à Lubumbashi, fait suite à la démission du gouverneur Jacques Kyabula, annoncée le 21 mai 2026.
Pour le président national de l’ANAFEC, Lolo Kyungu, la province ne peut plus fonctionner avec un exécutif intérimaire. Il explique que cette situation limite les actions du gouvernement provincial et engendre des conséquences néfastes pour la région. « Nous venons de consommer dix mois d’intérim, il faut légitimer nos institutions. L’assemblée provinciale est stable, mais le gouvernement doit avoir des animateurs redevables », a-t-il déclaré.
Un exécutif intérimaire aux pouvoirs réduits
Lolo Kyungu précise qu’un gouvernement intérimaire échappe en partie au contrôle de l’Assemblée provinciale. L’autorité en place n’est pas pleinement redevable de la gestion budgétaire. Cette absence de redevabilité directe crée un flou dans la gestion des finances publiques provinciales. Pour les ménages et les opérateurs économiques, cela se traduit par un ralentissement des projets de développement et une visibilité réduite sur les priorités d’investissement.
Le Haut-Katanga, poumon économique du pays grâce à ses ressources minières, a besoin d’une gouvernance stable pour attirer les investissements et planifier les infrastructures. Sans gouverneur élu, les décisions stratégiques sont reportées, ce qui affecte directement l’emploi et les services publics.
Dix mois d’intérim et des institutions fragilisées
La vacance du poste de gouverneur dure depuis dix mois. L’ANAFEC insiste sur la nécessité de légitimer les institutions provinciales après cette longue transition. Lolo Kyungu souligne que l’Assemblée provinciale est stable, mais que l’exécutif doit être dirigé par des responsables élus, redevables devant les élus provinciaux.
Cette situation trouve son origine dans l’absence prolongée de Jacques Kyabula. Dans sa lettre de démission adressée au Président de la République, il expliquait : « Au cours de derniers mois, ma présence prolongée à Kinshasa, requise pour des raisons professionnelles et institutionnelles, m’a éloigné de ma province dans un contexte particulièrement sensible sur le plan sécuritaire ».
Quels effets concrets pour la population ?
Pour les habitants du Haut-Katanga, l’absence d’un gouverneur de plein exercice se traduit par une gouvernance au ralenti. Les projets d’infrastructures, l’entretien des routes, l’accès à l’eau et à l’électricité dépendent en partie des arbitrages budgétaires de l’exécutif provincial. Un gouvernement intérimaire, moins redevable, peut difficilement engager des réformes ou lancer de grands chantiers.
Les opérateurs économiques, notamment dans le secteur minier, ont besoin de certitudes réglementaires et fiscales. L’incertitude actuelle pourrait freiner les investissements et ralentir la création d’emplois. La demande de l’ANAFEC vise donc à rétablir un cadre institutionnel clair, condition essentielle pour relancer la dynamique économique de la province.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
