La République Démocratique du Congo se rapproche d’un tournant décisif pour sa crédibilité financière internationale. Le ministre des Finances, Doudou Fwamba, a annoncé jeudi 29 mars à Kinshasa que le pays avait exécuté près de 90% du plan d’actions défini avec le Groupe d’Action Financière (GAFI). Cette avancée majeure, présentée lors d’une réunion de la Task-Force du Comité de pilotage, place la sortie de la liste grise GAFI RDC dans une perspective tangible à court terme. Un objectif qui dépasse le simple symbole pour devenir un levier économique fondamental.
Sur les 23 actions prioritaires convenues avec l’organisme international, 20 ont été intégralement réalisées. Ce taux d’exécution exceptionnel est le fruit d’une mobilisation interministérielle soutenue, pilotée par le ministre Doudou Fwamba lui-même. « La sortie de la liste grise est un objectif stratégique, au croisement de la restauration de notre crédibilité financière internationale et de l’amélioration du climat des affaires », a-t-il déclaré. Cette phrase résume l’enjeu colossal : redorer l’image du pays pour attirer les capitaux. Les réformes financières Congo engagées visent précisément à transformer l’environnement réglementaire en un écosystème sécurisé et transparent.
Mais quel est le coût de l’inaction, et à l’inverse, le gain de ces réformes ? Le gouvernement a bien compris que la pérennité des efforts est cruciale. Pour éviter tout retour en arrière, Doudou Fwamba a instruit les services compétents de finaliser un plan d’actions post-ICRG. Ce dispositif « de consolidation » est destiné à maintenir une rigueur réglementaire durable et, in fine, à renforcer l’attractivité du pays pour les investissements directs étrangers Congo. L’amélioration du climat des affaires n’est pas une fin en soi, mais un moyen de stimuler une croissance inclusive.
Concrètement, l’efficacité opérationnelle du dispositif national a été évaluée à travers plusieurs piliers. Le premier est le renforcement du cadre législatif, incarné par l’adoption de la loi n° 25/048 du 1er juillet, qui durcit la lutte contre les flux illicites. Le deuxième pilier concerne l’augmentation significative des enquêtes et poursuites liées au blanchiment capitaux RDC, démontrant une volonté d’appliquer la loi. Enfin, le troisième axe réside dans l’intensification des contrôles basés sur les risques par les autorités de supervision, notamment la Banque Centrale du Congo (BCC) et l’Autorité de Régulation et de Contrôle des Assurances (ARCA).
La prochaine étape immédiate est une réunion en face-à-face prévue en Namibie en avril. Le gouvernement y présentera les trois actions résiduelles du Doudou Fwamba plan GAFI, qui portent sur l’effectivité des sanctions et les contrôles opérationnels. Au-delà de ce rendez-vous, le ministre a évoqué deux jalons historiques : l’adhésion au Groupe Egmont en juin 2026, qui ouvrira les portes de l’échange international de renseignements financiers, et l’intégration à l’ESAAMLG (Groupe d’Action contre le Blanchiment d’Argent en Afrique Orientale et Australe), renforçant le leadership régional de la RDC.
En conclusion, le chemin parcouru est considérable. La session de haut niveau, qui a réuni des figures clés comme le ministre d’État à la Justice Guillaume Ngefa et le gouverneur de la BCC André Wa Messo, témoigne de l’engagement irréversible du gouvernement. Les réformes ne sont pas qu’une réponse à une pression internationale ; elles constituent les fondations d’un système financier robuste. La sortie imminente de la liste grise du GAFI ne sera donc pas une fin, mais le début d’une nouvelle ère pour l’économie congolaise, plus transparente, intégrée et attractive pour les investisseurs du monde entier. Le défi désormais est de maintenir ce cap, pour que cette crédibilité retrouvée se traduise par une amélioration tangible des conditions de vie des Congolais.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
