La sénatrice Noëlla Bachebandey, élue de l’Ituri, a lancé un appel pressant aux autorités nationales et provinciales pour qu’elles prennent des « mesures urgentes, fortes et efficaces » face à la résurgence d’Ebola dans sa province. Dans une communication rendue publique ce lundi 8 juin à Kinshasa, elle a mis en lumière deux obstacles majeurs à la riposte : la désinformation qui alimente la méfiance des communautés et les violences visant le personnel de santé.
Comprendre le rôle de la désinformation dans la propagation
La sénatrice s’est dite préoccupée par la multiplication des rumeurs et fausses informations qui circulent autour de la maladie. Ces idées erronées créent un climat de défiance qui pousse certaines personnes à rejeter les mesures de prévention ou à éviter les centres de traitement. En pratique, cela signifie que des malades peuvent ne pas être pris en charge à temps, augmentant le risque de contamination dans leur entourage. La lutte contre Ebola repose en grande partie sur la capacité à identifier rapidement les cas et à isoler les contacts ; lorsque la confiance est rompue, toute la chaîne de riposte est fragilisée.
Des soignants en première ligne, mais exposés aux violences
Noëlla Bachebandey a également condamné les actes de violence contre les équipes médicales. Ces professionnels, qui travaillent dans des conditions difficiles pour contenir l’épidémie, sont parfois pris pour cible par des personnes influencées par la désinformation. La sénatrice a insisté sur la nécessité de garantir leur sécurité, leur prise en charge et leur motivation. Elle a aussi rappelé l’importance de les doter d’équipements de protection individuelle et de moyens de travail suffisants. Sans cette protection, les soignants risquent non seulement leur vie, mais peuvent aussi devenir des vecteurs involontaires du virus.
L’hôpital de Mongbwalu, épicentre à renforcer d’urgence
L’élue a attiré l’attention sur l’Hôpital général de référence de Mongbwalu, identifié comme l’épicentre de l’épidémie. Elle a plaidé pour un appui urgent en équipements médicaux, médicaments, matériels de protection, capacités de laboratoire et ressources humaines qualifiées. Renforcer cette structure est indispensable pour contenir la maladie à sa source. Un hôpital bien équipé permet de diagnostiquer rapidement les cas suspects, d’isoler les patients et de prodiguer des soins adaptés, réduisant ainsi la pression sur les autres formations sanitaires de la région.
Impliquer les leaders locaux pour restaurer la confiance
Pour contrer la désinformation, la sénatrice recommande de renforcer la sensibilisation au sein des communautés en impliquant davantage les leaders locaux et les autorités coutumières. Ces figures d’autorité sont souvent les mieux placées pour transmettre des messages fiables et adaptés aux réalités culturelles. Leur participation active peut aider à dissiper les rumeurs et à encourager les populations à adopter les gestes barrières, comme le lavage régulier des mains ou la limitation des contacts physiques.
Noëlla Bachebandey a rappelé que la désinformation, la stigmatisation et les violences contre les équipes médicales aggravent la crise sanitaire. Elle a affirmé que la lutte contre Ebola exige « l’engagement et la responsabilité de tous ». Elle a invité les populations de l’Ituri à faire preuve de vigilance et de solidarité, à respecter les mesures de prévention et à soutenir les personnels soignants. En définitive, la riposte ne peut réussir que si chaque acteur – autorités, soignants, leaders communautaires et citoyens – joue son rôle dans un climat de confiance mutuelle.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
