Le bilan provisoire des attaques attribuées aux rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF) s’établit à au moins 29 personnes tuées entre le 31 mai et le 2 juin 2026 dans les localités de Ngadi et Beni/Mbau, dans la province du Nord-Kivu. L’association Conscience Féminine pour les Droits et le Développement (CFDD-RDC) a rendu public ce constat dans un communiqué diffusé le jeudi 4 juin 2026, condamnant avec fermeté ce qu’elle qualifie de crimes contre les populations de Beni.
Un bilan provisoire de 29 victimes civiles
Selon le décompte de la CFDD-RDC, les violences perpétrées par les ADF ont coûté la vie à au moins 29 personnes en l’espace de trois jours. Les victimes incluent des femmes, des enfants et d’autres personnes vulnérables, précise l’organisation sans fournir de ventilation détaillée. Les attaques se sont produites dans les zones de Ngadi et Beni/Mbau, secteurs régulièrement ciblés par les incursions des groupes armés. Ce bilan, bien que provisoire, illustre la persistance des exactions contre les civils dans cette partie du territoire de Beni, où les ADF opèrent depuis plus d’une décennie. La CFDD-RDC n’a pas précisé les circonstances exactes des tueries, mais le caractère répété de ces massacres souligne la vulnérabilité des populations locales face à des incursions souvent imprévisibles.
Un appel à renforcer la coopération civilo-militaire
Face à la persistance des massacres, la CFDD-RDC estime que le renforcement du mécanisme local de coopération civilo-militaire constitue l’une des stratégies à mettre en œuvre pour éradiquer complètement le phénomène ADF. L’organisation recommande à la population de continuer à partager à temps les alertes sur les cas suspects. Elle invite parallèlement les autorités congolaises à développer des stratégies de réponse rapide afin de barrer la route à l’ennemi qui endeuille la région depuis plus d’une décennie. Cette approche vise à combiner les efforts de la population et ceux des services de sécurité, un impératif que la CFDD-RDC juge essentiel pour contrer une menace qui s’est enracinée dans le quotidien des habitants. L’organisation insiste sur la nécessité d’une coordination plus étroite, sans toutefois détailler les modalités pratiques d’un tel renforcement ni évaluer les dispositifs existants.
Une insécurité chronique dans le Nord-Kivu
Les attaques des ADF s’inscrivent dans un cycle de violences qui affecte le territoire de Beni depuis plus de dix ans. La CFDD-RDC souligne la nécessité de combiner les efforts de la population et ceux des services de sécurité pour faire face à cette menace persistante. L’organisation n’a pas formulé de commentaire sur l’efficacité actuelle des dispositifs de protection, mais insiste sur l’urgence d’une coordination renforcée. Le communiqué ne mentionne pas de réaction officielle des autorités provinciales ou nationales à ce nouveau bilan, ni d’information sur d’éventuelles opérations militaires en cours dans les zones touchées. Ce silence institutionnel contraste avec la récurrence des violences, qui continuent de frapper indistinctement femmes, enfants et personnes vulnérables. La CFDD-RDC, en documentant ces pertes, rappelle la responsabilité des pouvoirs publics dans la protection des civils, sans toutefois attribuer de manquement précis. La situation à Beni reste ainsi marquée par une insécurité chronique, où chaque nouveau massacre ravive les interrogations sur les stratégies de sécurisation déployées.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: actu30.cd
