Les premiers résultats de l’audit des états liquidatifs de la paie des agents publics, présentés ce 5 juin 2026 à la Première ministre Judith Suminwa, révèlent un système de gestion fragmenté et peu intégré. L’Inspection générale des finances (IGF) a livré des conclusions provisoires lors d’une réunion consacrée à cette mission, selon une dépêche de la Primature. L’analyse documentaire est achevée, mais le travail de terrain débutera dès lundi dans les services gestionnaires du personnel de l’État.
Un circuit de paie éclaté entre de multiples intervenants
L’Inspecteur général des finances-chef de service, Christophe Bisimwa, a expliqué que les premières analyses mettent en évidence des dysfonctionnements liés à la multiplicité des acteurs dans la chaîne de paie. « Nous avons fini la première étape de ce travail qui est l’analyse de l’état liquidatif. Nous avons présenté des conclusions à mi-parcours et non définitives », a-t-il déclaré. Cette fragmentation complique le suivi des rémunérations et favorise les incohérences dans les données. L’absence d’une plateforme intégrée limite le contrôle efficace des dépenses salariales, un enjeu majeur pour les finances publiques.
Une recommandation clé : unifier et digitaliser le système
Face à ces constats, l’IGF plaide pour la mise en place d’un système unique et digitalisé de gestion de la paie. L’objectif est de corriger les anomalies et de renforcer le contrôle des dépenses publiques. La digitalisation permettrait de centraliser les informations, de réduire les erreurs et d’assurer une traçabilité complète des versements. Cette réforme structurelle vise à moderniser l’administration et à garantir une utilisation plus efficiente des ressources de l’État.
Une masse salariale en progression régulière
L’IGF indique par ailleurs que la masse salariale de l’État a connu une progression régulière entre 2023 et 2026, sans hausse brutale. Cette évolution est attribuée aux ajustements salariaux successifs et aux engagements de l’État envers ses agents. Cependant, les rémunérations des fonctionnaires demeurent le principal poste de dépenses publiques, pesant lourdement sur le budget national. La maîtrise de ces coûts est donc essentielle pour la soutenabilité des finances publiques.
Prochaine étape : des vérifications sur le terrain
La suite des travaux portera désormais sur le terrain, dès lundi, dans les services gestionnaires du personnel de l’État. « Le travail de terrain doit se poursuivre à partir de lundi. Nous allons descendre auprès de tous les services qui gèrent le personnel afin d’analyser les anomalies et écarts constatés. Ce n’est qu’à l’issue de cette étape que nous disposerons d’un rapport final », a précisé Christophe Bisimwa. L’objectif est d’identifier l’origine des écarts et de proposer des mesures correctives avant d’engager des réformes structurelles. Cette phase de vérification est cruciale pour établir un diagnostic complet et formuler des recommandations adaptées.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
