Deux cent quatre combattants de l’AFC/M23 ont déposé les armes entre avril et mai 2026 dans la zone de responsabilité de la 34ᵉ Région militaire, selon un bilan communiqué par l’armée congolaise. Ces redditions volontaires, enregistrées dans les territoires de Lubero, Rutshuru et Masisi au Nord-Kivu, ainsi qu’à Kalehe au Sud-Kivu, confirment une dynamique de désengagement observée depuis plusieurs mois.
Un afflux continu de combattants épuisés
Les éléments qui se sont présentés aux positions des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) étaient, pour la plupart, dans un état de grande fatigue, a précisé le major Dieudonné Kasereka, porte-parole de la Task Force et chargé de communication de la 34ᵉ Région militaire. Certains sont arrivés avec leurs armes, d’autres sans équipement militaire. Les témoignages recueillis font état de conditions de vie difficiles au sein de la rébellion, marquées par des traitements dégradants, des violences internes et des actes de torture. Ces récits, corroborés par les autorités militaires, dépeignent un quotidien de privations et de brutalités qui pousse de jeunes recrues à fuir les rangs de l’AFC/M23. L’accueil de ces combattants par les FARDC s’est déroulé sans incident, les éléments rendus étant immédiatement pris en charge selon les procédures en vigueur.
Un appel renouvelé aux combattants encore actifs
Le commandement de la 34ᵉ Région militaire a réitéré son appel aux combattants qui demeurent dans les rangs de l’AFC/M23. « Ceux qui traînent encore les pas dans les rangs de la rébellion sont toujours les bienvenus. Ils seront bien accueillis comme tous les autres qui sont arrivés les premiers », a déclaré le major Kasereka. Cette main tendue s’inscrit dans la continuité des opérations menées par l’armée pour restaurer l’autorité de l’État dans les zones affectées par l’insécurité. Les autorités militaires insistent sur le caractère volontaire de ces redditions, qui ne font l’objet d’aucune contrainte, et rappellent que les combattants qui choisissent de déposer les armes bénéficient d’un traitement conforme aux engagements humanitaires de la RDC.
Une tendance amorcée depuis janvier
Ces redditions ne constituent pas un fait isolé. En janvier 2026, 323 combattants de l’AFC/M23 s’étaient déjà rendus aux FARDC avec leurs armes, selon un précédent décompte de l’armée. Les profils étaient similaires : majoritairement de jeunes recrues, originaires des mêmes territoires, qui affirmaient fuir les exactions subies au sein du mouvement rebelle. La récurrence de ces défections souligne une fragilité persistante dans les rangs de la rébellion, alors que les FARDC poursuivent leurs efforts de sécurisation dans l’Est du pays. Les redditions successives, totalisant plus de 500 combattants en cinq mois, indiquent une érosion continue des effectifs de l’AFC/M23, sans que l’on puisse en mesurer précisément l’impact sur la capacité opérationnelle du groupe armé. Les autorités militaires restent prudentes quant à l’évolution de la situation sécuritaire, mais considèrent ces défections comme un signal encourageant pour les opérations en cours.
Article Ecrit par Cédric Botela
Sources: Actualite.cd, actu30.cd
