Le secrétaire général national du Syndicat national des médecins (SYNAMED), le Professeur Docteur John Senga Lwamba, a été placé sous mandat d’arrêt provisoire ce mercredi 3 juin 2026. La décision émane du Parquet général près le Tribunal de grande instance de la Gombe, à Kinshasa. L’information a été confirmée par le Dr Patrick Boloko May, secrétaire exécutif provincial du SYNAMED/Kinshasa.
Un dossier lié au siège du syndicat
Selon le Dr Boloko, l’interpellation fait suite à une audition dans un dossier concernant le présumé morcellement illicite du siège du SYNAMED. Le responsable syndical a expliqué que le Professeur Senga s’était présenté volontairement au parquet ce mercredi pour répondre aux questions des enquêteurs. À l’issue de cette audition, un mandat d’amener lui a été notifié, et il est actuellement détenu au Parquet général. Le morcellement illicite d’un bien immobilier consiste à diviser une propriété sans autorisation légale, ce qui peut entraîner des conflits de propriété et des pertes financières pour l’organisation concernée. Dans ce cas, le siège du syndicat, qui abrite les activités de représentation des médecins, serait au cœur de cette affaire.
Un contexte de tensions salariales
Cette arrestation survient dans un climat déjà tendu pour les médecins congolais. Le Dr Boloko a souligné que les professionnels de santé n’ont toujours pas perçu le complément salarial du premier trimestre 2026, alors que le deuxième trimestre est entamé. Ce complément, qui s’ajoute au salaire de base, est crucial pour de nombreux praticiens qui font face à des charges familiales et professionnelles. Le retard de paiement pèse sur leur pouvoir d’achat et peut affecter leur moral, voire la qualité des soins si la situation perdure. Les médecins, en première ligne dans les hôpitaux publics, dépendent de ces revenus pour assurer leur subsistance et celle de leurs patients.
Appel à la libération et mobilisation en suspens
Le secrétaire exécutif provincial du SYNAMED/Kinshasa a appelé à la libération sans condition du Professeur Dr John Senga. Il a également invité les médecins à rester vigilants, tout en se tenant prêts à engager des actions d’envergure si cette situation persistait. Aucune précision n’a été donnée sur la nature de ces actions, mais le ton laisse entendre une possible montée en pression syndicale. Les syndicats de santé ont historiquement utilisé des moyens comme les grèves ou les sit-in pour faire valoir leurs droits, mais le Dr Boloko n’a pas détaillé les options envisagées. Pour l’heure, le Parquet général n’a pas communiqué officiellement sur les suites judiciaires de ce dossier. Les médecins, eux, suivent de près l’évolution de la situation, entre inquiétude pour leur représentant et attente de leurs droits salariaux.
Cette affaire met en lumière les défis auxquels sont confrontés les professionnels de santé en République démocratique du Congo, où les retards de paiement et les problèmes de gouvernance syndicale peuvent fragiliser un secteur déjà sous pression. Le SYNAMED, qui représente les intérêts des médecins, se trouve à un carrefour : défendre son secrétaire général tout en maintenant la mobilisation pour les revendications salariales. Les prochains jours seront déterminants pour voir si un dialogue s’instaure entre les autorités judiciaires et les représentants syndicaux, ou si la tension monte d’un cran.
Article Ecrit par Amissi G
Source: actu30.cd
