AccueilActualitéJusticeVille morte à Kinshasa : les juridictions ont siégé normalement

Ville morte à Kinshasa : les juridictions ont siégé normalement

Les juridictions de Kinshasa ont fonctionné normalement ce mercredi 3 juin 2026, en dépit de l’appel à une « journée ville morte » lancé par la plateforme d’opposition C64 contre le projet de modification de la Constitution. Un constat qui contraste avec le climat d’attentisme et de prudence observé dans plusieurs communes de la capitale.

Des audiences tenues dans les palais de justice

Au tribunal de grande instance de Kinshasa/Gombe, les audiences civiles ont débuté avec un léger retard, mais toutes les chambres ont siégé et examiné les affaires inscrites au rôle. La même situation a prévalu au tribunal de commerce de la Gombe, où chaque chambre a pu appeler ses dossiers malgré un démarrage différé. La Cour d’appel de Kinshasa/Gombe a également tenu ses audiences et traité les affaires programmées. Si la fréquentation des palais de justice est restée en deçà de l’affluence habituelle, les professionnels du droit ont respecté les horaires de travail.

Un mot d’ordre à l’impact variable dans les rues

L’opération « ville morte », première action de la plateforme C64, visait à mesurer la capacité de mobilisation contre toute révision constitutionnelle. Le mot d’ordre « chacun reste chez soi » a produit des effets inégaux selon les quartiers. Sur plusieurs artères, les embouteillages coutumiers étaient absents et les transports en commun se faisaient rares. Aux arrêts de bus, l’animation quotidienne a cédé la place à un calme inhabituel. Quelques chauffeurs de motos, taxis et taxis-bus circulaient avec prudence, redoutant d’éventuels incidents.

Entre prudence et désaccord, des Kinois partagés

Dans la commune de Bumbu, l’avenue Shaba était presque déserte. Des habitants ont préféré rester chez eux, à l’image d’une riveraine qui confiait : « Avant de sortir, j’observe d’abord le mouvement. Je ne veux pas risquer ma vie inutilement à cause du travail. » D’autres ont bravé l’appel, comme Didier Luzolo, chauffeur de taxi, sorti dès 4 heures du matin, mais qui envisageait de garer son véhicule pour observer l’évolution de la situation. Un père de famille, rencontré alors qu’il accompagnait ses enfants à l’école, a exprimé son désaccord avec les initiateurs : « Le président Félix Tshisekedi se bat pour changer ce pays, mais certains individus appellent à une ville morte. J’encourage les gens à sortir et à envoyer leurs enfants à l’école. »

Un test pour l’opposition face à la position du pouvoir

La journée était perçue comme un test pour la C64, qui regroupe plusieurs partis. Des responsables militants affichaient leur confiance : « On n’en doute pas, on sait ce que le peuple veut. » En face, la coalition au pouvoir ne s’attendait pas à une forte mobilisation. Un cadre de l’UDPS a indiqué qu’aucune contre-manifestation n’était prévue, tout en assurant que le parti resterait « vigilant pour que les Kinois et les Kinoises puissent aller travailler normalement. » Le ministre de la Fonction publique a, de son côté, rappelé aux agents de l’État « la neutralité et l’apolitisme de l’administration » ainsi que « l’obligation d’assiduité. »

Le fonctionnement régulier des cours et tribunaux, conjugué à une mobilisation en demi-teinte dans les rues, offre un premier indicateur de la portée de cet appel. Comme le soulignait un acteur politique, « le seul indicateur fiable d’une éventuelle mobilisation, ce sera la présence ou non d’embouteillages. »

Article Ecrit par Cédric Botela

Sources: Actualite.cd, mediacongo.net

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