Au moins 19 civils ont été tués samedi 30 mai dans une nouvelle attaque armée attribuée aux rebelles d’Allied Democratic Forces (ADF) à Ngadi et dans les entités agricoles de Vemba, situées à une vingtaine de kilomètres au nord-est de Beni, au Nord-Kivu. Le bilan reste provisoire selon des sources locales.
La Protection civile du territoire de Beni a réagi le lendemain, dimanche 31 mai, en appelant le gouvernement central à ne pas minimiser la menace terroriste qui frappe la région. Son coordonnateur, Jean-Paul Kapitula, a estimé que la situation ne saurait être réduite à de simples actes de banditisme.
« Il ne faut pas considérer le terrorisme dans la région de Beni comme de simples cambriolages. Le gouvernement doit prendre cette menace au sérieux », a-t-il déclaré. « Nous ne savons pas combien de personnes doivent encore mourir avant que cette question soit résolue. »
Jean-Paul Kapitula a également exhorté la population à continuer de transmettre des alertes en temps opportun pour faciliter l’intervention des forces de sécurité. Il a rappelé que la zone de Ngadi porte encore les stigmates d’un massacre survenu le 15 octobre 2014, au cours duquel au moins 38 personnes avaient péri.
Parmi les victimes de la dernière tuerie figurent plus de six Pygmées et autant de Bantous, exécutés selon un mode opératoire similaire. Cette diversité des communautés touchées illustre l’ampleur de la tragédie qui frappe sans distinction les populations locales. La psychose s’installe parmi les habitants, qui redoutent de nouvelles attaques malgré les promesses des forces de sécurité. Des déplacés affluent vers Beni-ville, cherchant refuge loin des zones d’opération.
Pendant ce temps, les Forces armées de la RDC (FARDC) ont annoncé des opérations de poursuite contre les assaillants dans la zone de Vemba. Dimanche, elles ont exigé que les agriculteurs et tous les civils évacuent ces localités pour leur sécurité. L’armée réaffirme son engagement à protéger les populations tout en menant ces actions.
Cette nouvelle flambée de violence survient alors que la région de Beni reste l’un des épicentres de l’activisme des ADF, malgré l’état de siège en vigueur depuis mai 2021 au Nord-Kivu et en Ituri. Les tueries de civils se succèdent, alimentant un climat de terreur et d’insécurité chronique. Le calvaire des populations de Beni se poursuit, en dépit des mesures annoncées.
M. Kapitula insiste sur la nécessité d’une mobilisation nationale pour éradiquer la menace, qui perdure depuis des années. Selon lui, une réponse coordonnée entre les forces armées et les services de renseignement est indispensable pour prévenir de telles tragédies à l’avenir.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net
