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RDC : Base Républicaine rejette le débat constitutionnel, prône le dialogue

Le lundi 1er juin 2026, à Kinshasa, Hugo Nsundi Zala, président de la Base Républicaine, a tenu une conférence de presse qui a secoué le débat politique national. Devant des militants et des journalistes, il a martelé un message sans équivoque : discuter de la révision ou du changement de la Constitution est, à l’heure actuelle, un luxe que la République démocratique du Congo ne peut se permettre.

Pour ce parti d’opposition, le pays est en guerre. La rébellion du M23, soutenue par le Rwanda, continue de grignoter des pans entiers de l’Est. « Pendant que le pouvoir public est interrompu dans une partie de notre territoire, nous ne pouvons pas parler de la Constitution avant de rétablir d’abord l’autorité de l’État », a insisté Hugo Zala, dans une formule qui claque comme un rappel aux réalités. Son ton grave contrastait avec l’effervescence parlementaire autour d’une proposition de loi référendaire.

La Base Républicaine refuse de s’enliser dans ce qu’elle perçoit comme une polémique stérile, alors que des Congolais meurent chaque jour sous les balles ou sont déplacés par les combats. « Le pays est focalisé sur le débat constitutionnel au point d’en oublier que des territoires échappent au contrôle de l’État », a déploré le leader politique. Cette sortie intervient au moment où l’opposition radicale, réunie au sein de la coalition C64, annonce une journée « ville morte » ce mercredi 3 juin. Hugo Zala, lui, ne croit pas à cette stratégie. Il appelle plutôt à un dialogue national inclusif, initié par le président Félix Tshisekedi, à Kinshasa ou à l’étranger, avec ou sans médiation, pour répondre aux urgences nationales.

Mais au-delà des mots, la Base Républicaine a présenté un véritable cahier des charges, articulé autour de plusieurs propositions concrètes. Le parti préconise une approche économique, politique et sécuritaire pour résoudre la crise dans l’Est. Parmi les idées avancées : la mutualisation des intérêts autour des matières premières. Selon Hugo Zala, il faut créer une société unique à capitaux multiples, en partenariat avec l’État congolais, pour assécher la contrebande et stabiliser la région. « Si nous mettons en place ce cadre, nous rendrons inopportuns les mécanismes d’exploitation illégale », a-t-il expliqué.

Cette vision s’appuie sur des instruments internationaux existants. Hugo Zala appelle à revitaliser les acquis de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba et de la résolution 2773 du Conseil de sécurité de l’ONU, pour bâtir une nouvelle architecture de paix et de stabilité dans les Grands Lacs. Il juge également nécessaire la levée de la résolution 1823 adoptée en 2008, afin d’empêcher tout groupe armé d’utiliser le Rwanda comme base arrière. Ces propositions, transmises aux différentes formations politiques, constituent selon lui le socle d’un dialogue urgent.

Sur le plan politique, la Base Républicaine prône le rassemblement. « Ne cristallisons pas un débat qui occasionne la division des Congolais », a lancé Hugo Zala, visiblement inquiet des tensions croissantes. Pour lui, la priorité est le rétablissement de l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire et la cohésion nationale. Une position qui tranche avec celle des autres opposants qui voient dans le référendum un passage en force vers un changement constitutionnel.

Pourtant, le débat constitutionnel n’est pas sans racines. La proposition de loi du député Gaspard Ngondankoy cristallise les peurs d’un glissement antidémocratique. Mais là où les ténors de l’opposition comme Martin Fayulu ou Jean-Marc Kabund promettent la rue, Hugo Zala choisit la main tendue. Un pari audacieux dans un climat politique survolté, où le peuple, lui, subit la double peine de la guerre et de l’incertitude. Reste à savoir si cet appel au dialogue trouvera écho chez un pouvoir qui, jusqu’ici, n’a pas montré de signes d’ouverture.

En attendant, la Base Républicaine promet de mobiliser non pas pour ou contre la Constitution, mais pour le rétablissement de la paix. Une ligne singulière qui pourrait redessiner les contours du débat national, à condition que les acteurs politiques acceptent de descendre de leurs estrades pour écouter la détresse d’un peuple en quête de survie.

Article Ecrit par Chloé Kasong

Sources: Actualite.cd, actu30.cd

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Chloé Kasong
Chloé Kasong
Issue de Kinshasa, Chloé Kasong est une analyste rigoureuse des enjeux politiques et sociaux de la RDC. Spécialisée dans la couverture des élections, elle décortique pour vous l’actualité politique avec impartialité, tout en explorant les mouvements sociaux qui façonnent la société congolaise. Sa précision et son engagement font d'elle une voix incontournable sur les grandes questions sociétales.
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