Bunia, épicentre de l’épidémie d’Ebola en Ituri, dispose désormais d’un atout de taille dans la riposte : un centre de traitement flambant neuf, inauguré ce dimanche par le directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus. Cette infrastructure, pensée comme une « bulle de soins intensifs » entièrement dédiée à la maladie à virus Ebola, promet d’améliorer l’isolement, la prise en charge et les chances de survie des patients, alors même qu’aucun vaccin ni traitement homologué n’existe contre la souche Bundibugyo, responsable de la flambée actuelle.
Comment expliquer l’urgence de ce déploiement ? Depuis la résurgence du virus, les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu cumulent des centaines de cas suspects et plus de 200 décès. La méfiance d’une partie de la population envers les structures de soins complique la riposte. Pourtant, six patients viennent d’être déclarés guéris, un signal fort envoyé aux communautés réticentes. « Ces guérisons Ebola en RDC prouvent que les centres de traitement Ebola Bunia ne sont pas des mouroirs, mais des lieux où l’on se bat et où l’on peut vaincre le virus », a souligné un responsable local de la riposte.
Le nouveau centre de traitement Ebola Bunia se présente comme une plateforme stratégique. Équipé de zones d’isolement strict, de dispositifs de réhydratation et de surveillance continue, il permet d’offrir des soins de support essentiels – la clé de la survie face à Ebola. Car sans traitement spécifique, chaque heure compte. Le personnel soignant, formé à la reconnaissance précoce des symptômes – fièvre brutale, vomissements, diarrhées parfois sanglantes –, peut ainsi gérer les complications et éviter la déshydratation fatale. Une analogie simple : c’est un peu comme si l’on plaçait le malade dans une « unité de réparation » où l’organisme reçoit toute l’aide nécessaire pour combattre lui-même l’infection, tandis que les proches sont protégés de la contagion.
Mais pourquoi la population se montre-t-elle encore méfiante ? Les rumeurs et la peur de l’inconnu transforment souvent les centres de traitement en lieux fantasmés. Les six guérisons enregistrées en Ituri, documentées par des certificats officiels attestant l’absence de virus, constituent un démenti cinglant. Chaque personne rétablie devient un ambassadeur de la confiance. « Ma voisine est sortie guérie, j’ai vu le papier de l’OMS RDC Ebola qui le confirme », témoigne un habitant du quartier Mudzipela, où l’information circule désormais de bouche à oreille. Ce bouche-à-oreille positif est un outil de riposte Ebola Ituri plus puissant que bien des campagnes de sensibilisation classiques.
L’absence de vaccin contre la souche Bundibugyo ajoute une pression supplémentaire. Contrairement à la souche Zaïre, pour laquelle des vaccins expérimentaux existent, cette variante rappelle combien Ebola reste un ennemi imprévisible. La riposte repose donc avant tout sur la détection rapide, l’isolement et les soins de support – exactement ce que le centre inauguré vient renforcer. L’OMS, aux côtés du gouvernement congolais et de partenaires comme Médecins Sans Frontières, coordonne l’approvisionnement en équipements et le déploiement d’experts. L’implication personnelle du Dr Tedros lors de cette inauguration montre l’importance accordée à cette crise sanitaire.
Au-delà du traitement, le centre jouera un rôle clé pour « casser » les chaînes de transmission. Chaque patient hospitalisé rapidement réduit le nombre de contacts à risque dans la communauté. C’est le principe de l’endiguement, similaire à celui d’un incendie de forêt : on isole le foyer avant qu’il ne s’étende. Les équipes de la riposte espèrent ainsi inverser la tendance épidémique dans les prochaines semaines.
Les autorités sanitaires appellent à une mobilisation collective. « Si vous ressentez une fièvre inexpliquée, des douleurs musculaires ou des saignements, ne restez pas caché chez vous. Allez au centre ou appelez la hotline », répètent les relais communautaires. La guérison est possible, à condition d’agir vite. En RDC, où Ebola a déjà frappé à de multiples reprises, l’expérience montre que la survie dépend du temps écoulé entre les premiers signes et la prise en charge.
Ce centre de traitement Ebola Bunia symbolise ainsi un virage dans la lutte : il prouve que l’on peut se doter d’infrastructures modernes même en contexte d’urgence, et que la résilience des communautés, alliée à la science, finira par dompter le virus. Avec déjà six guérisons et une capacité d’accueil renforcée, l’espoir est peut-être en train de changer de camp.
Article Ecrit par Amissi G
Source: mediacongo.net
