L’épidémie d’Ebola en Ituri impose une vigilance de chaque instant, surtout dans les espaces clos comme les bus et camions reliant Bunia à Kisangani. Ces véhicules, où des dizaines de passagers partagent un air confiné pendant des heures, peuvent devenir des lieux de transmission idéaux pour le virus. Pourtant, une mobilisation inédite des transporteurs transforme chaque départ en une opération de sensibilisation épidémie.
Dans les parkings de Kisangani, les scènes sont éloquentes : avant même de monter à bord, les voyageurs assistent à un briefing sanitaire. Les gérants de bus et les chauffeurs rappellent inlassablement les gestes barrières Ebola : lavage fréquent des mains au savon ou à la cendre, port du masque, interdiction des contacts physiques non indispensables. Comme le souligne un passager : « Si à chaque barrière on pratique le lavage des mains avec du savon ou de la cendre, cela pourrait beaucoup nous aider à stopper la chaîne de contamination. »
Les responsables des agences de transport ne se contentent pas de discours. Ils investissent concrètement dans la prévention. Un gérant explique : « Nous avons décidé de fournir des cache-nez aux membres d’équipage, du savon et des lave-mains pour renforcer la sécurité des passagers. » Sur les aires de repos et aux postes de péage, des dispositifs de lavage des mains sont systématiquement installés. Cette approche proactive transforme chaque voyage Bunia Kisangani en une expérience plus sûre, même si le risque zéro n’existe pas.
Ces mesures de prévention transport, si simples en apparence, s’appuient sur des connaissances médicales solides. Le virus Ebola se transmet principalement par contact direct avec les fluides corporels d’une personne infectée. En milieu confiné, une toux ou un éternuement peuvent projeter des gouttelettes contaminées. D’où l’importance vitale du masque et de la distanciation. Se laver les mains régulièrement avec de l’eau et du savon (ou à défaut de la cendre) désactive le virus en quelques secondes, car sa membrane lipidique est fragile. Vous voyez l’analogie ? Comme une bulle de savon, le virus éclate au contact d’un détergent.
La peur, elle, persiste. Certains voyageurs annulent ou reportent leur déplacement vers l’Ituri, préférant attendre une accalmie de l’épidémie. C’est compréhensible, mais les spécialistes insistent : avec des gestes barrières rigoureux, le risque pendant le trajet reste maîtrisable. À condition que chacun joue son rôle : pas de poignée de main, éviter de se toucher le visage, signaler immédiatement toute fièvre ou saignement suspect aux autorités sanitaires.
Pour ceux qui doivent absolument voyager, quelques réflexes peuvent faire la différence. Ayez toujours sur vous un flacon de solution hydroalcoolique ou un petit savon. Portez votre masque correctement, en couvrant nez et bouche, et changez-le dès qu’il est humide. Si vous ressentez des symptômes évocateurs (fièvre brutale, douleurs musculaires, vomissements) durant le voyage, isolez-vous autant que possible et alertez le chauffeur, qui contactera les équipes de riposte. Ces précautions, couplées aux initiatives des transporteurs, renforcent la sécurité sur la ligne Bunia-Kisangani.
En définitive, la lutte contre Ebola en Ituri passe par des actes concrets, et le secteur du transport en a fait une priorité. La sensibilisation épidémie se déploie désormais à tous les niveaux, depuis les parkings jusqu’aux contrôles routiers. Alors que les camionneurs et gérants de bus deviennent des sentinelles sanitaires, il appartient à chaque passager de transformer ces consignes en réflexes quotidiens. Le trajet Bunia-Kisangani pourrait ainsi devenir un modèle de prévention pour d’autres régions touchées.
Article Ecrit par Amissi G
Source: radiookapi.net
