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Crimes du M23 à Uvira : le rapport accablant de Human Rights Watch

Un rapport accablant a été publié mercredi 13 mai par Human Rights Watch. Intitulé « Nous sommes des civils ! », ce document dénonce les violences massives commises par la rébellion de l’AFC/M23 et les forces rwandaises durant l’occupation d’Uvira, dans la province du Sud-Kivu. Entre décembre 2025 et janvier 2026, meurtres, violences sexuelles et enlèvements ont été perpétrés de manière systématique, selon l’organisation de défense des droits humains.

Des dizaines de civils ont été exécutés sommairement. Des femmes et des filles, parfois très jeunes, ont été victimes de viols et d’agressions. Des hommes ont été arrêtés sans motif ou recrutés de force pour servir de porteurs ou de combattants. Le recrutement forcé de mineurs a également été signalé par les enquêteurs. « Ces crimes du M23 en RDC sont documentés avec précision », souligne le rapport, qui évoque des fosses communes découvertes après le retrait rebelle.

L’occupation d’Uvira a débuté début décembre 2025. Chef-lieu provisoire du Sud-Kivu depuis la chute de Bukavu, la ville stratégique est tombée aux mains de l’Alliance Fleuve Congo/M23 soutenue par Kigali en quelques heures. La population, terrifiée, s’est terrée. Pillages, tirs sporadiques et déplacements massifs ont marqué les premières nuits sous contrôle rebelle. Les violences se sont ensuite intensifiées dans les quartiers périphériques et les villages environnants.

Le rapport de Human Rights Watch détaille des cas d’une gravité extrême. Des témoins ont décrit des exécutions publiques. Des prisonniers ont subi des tortures et des traitements inhumains. L’accès aux soins a été interrompu, aggravant la crise humanitaire dans une région déjà ravagée par des décennies de conflits. L’organisation estime que le bilan réel des crimes commis durant cette période pourrait être bien plus lourd, car de nombreuses victimes craignent de se manifester.

Sous pression diplomatique, notamment des États-Unis, le M23 a annoncé un retrait unilatéral le 17 janvier 2026. Les FARDC, appuyées par les groupes Wazalendo, ont repris la ville le 20 janvier. Mais quarante jours d’occupation ont laissé une cicatrice profonde. Combien de corps supplémentaires seront retrouvés dans les charniers ? Combien de femmes continueront de taire leurs souffrances ?

Face à ces atrocités, Human Rights Watch appelle à la libération immédiate de tous les civils détenus arbitrairement et exige que les prisonniers soient traités conformément au droit international. L’organisation demande également l’accès sans entrave des enquêteurs indépendants aux zones sous contrôle du M23. « Les auteurs de ces violations des droits humains en RDC doivent répondre de leurs actes », insiste le rapport, qui exhorte la communauté internationale à agir contre l’impunité.

Uvira, verrou sécuritaire vers le Grand Katanga, demeure un symbole de la fragilité de l’État congolais. Les violences qui s’y sont déroulées rappellent l’urgence d’une réponse robuste. Alors que les survivants réclament justice, la publication de ce rapport pose une question lancinante : la RDC pourra-t-elle échapper au cycle interminable des crimes impunis ?

Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd

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