Une vaste opération de l’armée congolaise a abouti, mercredi 13 mai, à l’arrestation de plus d’une centaine de personnes dans le village de Kunda, à une quarantaine de kilomètres à l’ouest de Bunia, dans le territoire d’Irumu. Selon les premiers éléments recueillis, il s’agit majoritairement de jeunes originaires de la province du Sud-Kivu, dont la présence massive dans cette zone reculée de l’Ituri a immédiatement éveillé les soupçons des forces de sécurité.
Ces arrestations interviennent dans un contexte de tension sécuritaire persistante. La région de l’Ituri est régulièrement le théâtre d’incursions meurtrières menées par divers groupes armés. L’arrivée progressive de ces civils, qui affirmaient être venus chercher du travail dans les champs ou sur les sites d’orpaillage, a été jugée atypique par les autorités locales. D’où venaient-ils réellement ? Et surtout, pourquoi un afflux aussi soudain dans une zone sous haute surveillance ?
Les sources proches de l’état-major évoquent des soupçons d’appartenance à des mouvements qualifiés de subversifs RDC. Une accusation grave qui, pour l’heure, n’a pas été formellement étayée. Les personnes interpellées n’ont opposé aucune résistance lors de l’intervention militaire, mais leur profil et leur discrétion ont suffi à déclencher une enquête approfondie. La sécurité Ituri demeure une priorité absolue pour l’armée Bunia, qui multiplie les patrouilles et les contrôles afin de prévenir toute infiltration.
Dès le lendemain, jeudi 14 mai au matin, l’ensemble des détenus a été chargé dans un camion militaire à destination de Bunia. Le convoi a traversé les pistes cahoteuses sous escorte avant de rejoindre le quartier OPSI, où se situe l’état-major de la 32ᵉ région militaire. Les jeunes y sont actuellement maintenus en détention dans l’attente de leurs auditions. Ce transfert musclé, sous les yeux des habitants, a semé un vent d’inquiétude. L’arrestation Kunda illustre-t-elle une montée en puissance de la menace subversive, ou s’agit-il d’un excès de zèle des militaires ?
Face à cette situation, des voix s’élèvent. Plusieurs activistes des droits humains Ituri et représentants de la société civile appellent au calme et au strict respect de la présomption d’innocence. Ils exhortent les services de sécurité à mener une procédure transparente, conforme aux standards internationaux. « Toute personne arrêtée doit être traitée avec dignité. Nous demandons la libération immédiate de ceux qui seront reconnus innocents après vérification », a déclaré une source associative, rappelant que l’Ituri a trop souffert des amalgames et des détentions arbitraires.
Le parquet militaire, saisi du dossier, devra déterminer si ces jeunes sont effectivement liés à des réseaux subversifs ou s’ils sont de simples travailleurs itinérants. L’enquête s’annonce minutieuse, dans un climat où la méfiance est exacerbée par les récentes attaques ayant endeuillé la province. Les résultats des auditions seront déterminants pour la suite de cette affaire, qui pourrait éclairer d’un jour nouveau les stratégies d’infiltration dans une région minée par les violences.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net
