Le rapport explosif de Human Rights Watch, intitulé « Nous sommes des civils ! », jette une lumière crue sur les exactions commises par la coalition AFC/M23 durant l’occupation d’Uvira. Cette cité lacustre, chef-lieu provisoire du Sud-Kivu depuis la chute de Bukavu, a vécu sous le joug de la rébellion soutenue par le Rwanda de décembre 2025 à janvier 2026. Quarante jours de terreur que l’ONG documente avec une précision accablante.
Meurtres ciblés, viols collectifs, enlèvements : les abus AFC/M23 Uvira décrits dans le rapport révèlent une stratégie délibérée de violence contre les civils. Combien de familles ont été brisées ? Combien de vies fauchées dans l’indifférence ? Le document, intitulé « Nous sommes des civils ! », fait écho aux cris des survivants. Human Rights Watch Uvira appelle ainsi à briser le silence.
Face à l’ampleur des crimes, l’organisation formule une série de recommandations fortes. Elle exhorte l’Union africaine à exiger une enquête internationale Uvira indépendante et à mandater la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples pour mener des investigations approfondies. Le rapport HRW RDC insiste également pour que les États membres coopèrent avec la Cour pénale internationale afin que les responsables répondent de leurs actes.
Les M23 Sud-Kivu violations ne peuvent rester impunies. Human Rights Watch demande des sanctions ciblées contre les chefs du M23 et les officiers rwandais impliqués. L’ONG recommande en outre la création de chambres mixtes spécialisées au sein de la justice congolaise, associant personnel national et international, pour juger ces atrocités. Elle appelle aussi à un réexamen immédiat de toute coopération militaire avec le Rwanda qui pourrait alimenter les exactions.
La chute d’Uvira, puis sa reconquête par les FARDC appuyées par les Wazalendo, rappelle la dimension stratégique de cette ville. L’occupation éclair de l’AFC/M23 a scellé un verrou sécuritaire majeur, menaçant même le poumon économique du Grand Katanga. Derrière la manœuvre militaire, le prix humain est indicible.
Alors que le Bureau du Procureur de la CPI est directement interpellé pour inclure ces crimes dans ses enquêtes en cours, une interrogation persiste : la communauté internationale aura-t-elle le courage d’agir ? Uvira, meurtrie, n’attend plus que la justice.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd
