AccueilActualitéSecuritéMassacre à Makumo : les ADF frappent à nouveau en Ituri

Massacre à Makumo : les ADF frappent à nouveau en Ituri

La localité de Makumo, chef-lieu du groupement Bangole dans la chefferie des Babila-Babombi, a été la cible d’une nouvelle attaque meurtrière attribuée aux rebelles ADF dimanche soir. Vers 19h30, des hommes armés ont fait irruption dans cette agglomération du territoire de Mambasa, en Ituri, tuant au moins quatre civils à l’arme blanche et incendiant plusieurs habitations. Les corps des victimes ont été déposés dans une structure sanitaire locale, tandis que les autorités militaires n’ont pas encore communiqué officiellement sur ce drame.

Cette tuerie survient trois jours seulement après le massacre de Biakato, où plus de vingt civils ont péri lors d’une incursion diurne des mêmes assaillants le 7 mai dernier. À Makumo, comme à Biakato, la brutalité des attaques révèle une stratégie délibérée : frapper vite, semer la terreur, puis disparaître dans les forêts environnantes. Des témoins affirment que les assaillants ont opéré avec une rare violence, laissant derrière eux un paysage de désolation. La population, paniquée, a fui dans l’obscurité, abandonnant tout derrière elle.

Le député provincial Gilbert Sivamwenda n’a pas caché son indignation. Selon lui, les forces de sécurité auraient été alertées à plusieurs reprises de la présence menaçante de rebelles autour de Makumo. « Malgré les alertes fournies aux autorités pour sécuriser cette agglomération sous menace depuis l’attaque de Biakato, voilà ce qui vient d’arriver. La population est totalement abandonnée », a-t-il déclaré. Cet abandon ressenti illustre un malaise plus profond : celui d’un état de siège décrété depuis cinq ans en Ituri, mais qui semble incapable d’endiguer les cycles de violence.

Les localités de Mambasa vivent désormais sous une menace permanente. Après Biakato, Makumo, mais aussi Bandibongo, Makeke ou encore l’axe Komanda-Luna, les incursions armées se multiplient. Des enlèvements sont signalés, des déplacements forcés vident les villages. Les activités socio-économiques tournent au ralenti : écoles fermées, commerces désertés, familles fuyant vers Beni, Komanda ou Bunia. Le tissu social se délite sous le poids de la peur.

Des analystes sécuritaires expliquent cette dispersion par les opérations conjointes FARDC-UPDF lancées contre les bastions ADF. Ces offensives, si elles ont permis d’affaiblir la rébellion, ont aussi poussé des combattants à se replier vers des zones civiles vulnérables. La RN4, axe vital reliant Beni à Kisangani, est devenue un corridor d’insécurité. La forêt épaisse offre un refuge idéal pour des groupes qui frappent puis s’évanouissent. Quatre civils tués à Makumo, plus de vingt à Biakato : les chiffres s’additionnent, mais derrière chacun d’eux, une famille brisée, une communauté traumatisée. Combien de temps encore les habitants de Mambasa supporteront-ils cette hécatombe silencieuse ? La question hante les esprits alors que les promesses de protection se heurtent à la réalité de nouvelles tombes. L’état de siège, censé restaurer l’autorité de l’État, montre ses limites. Les victimes, elles, n’ont que le silence des forêts pour répondre à leurs cris.

Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd

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