Un coup de froid en plein cœur de l’espoir. Alors que les Léopards U17 pensaient avoir fait l’essentiel, un éclair angolais est venu tout bousculer dans les dernières secondes de leur match de préparation. Un nul frustrant (1-1) face aux Palanquinhas, samedi 9 mai, qui résonne comme un sérieux avertissement avant la grand-messe de la CAN U17 2026.
Ce rendez-vous amical, premier test grandeur nature pour les poulains du staff congolais, avait pourtant bien débuté. Dès l’entame, les Léopards ont affiché une intensité remarquable, étouffant le camp angolais dans sa moitié de terrain. Avec une possession offensive tranchante et des intentions claires, les Congolais ont imposé leur rythme. Leur domination a été récompensée à la 21e minute : Nzambe wa Nzambe, dans un élan collectif bien huilé, a trouvé la faille et fait rugir les espoirs tricolores. 1-0, le scénario idéal se dessinait.
Mais le football est un sport cruel, surtout pour les équipes en rodage. Car si la maîtrise technique a été au rendez-vous pendant une grande partie de la rencontre, c’est dans les moments clés que se sont révélées les lacunes. La finition, d’abord : plusieurs occasions franches de doubler la mise sont restées stériles. Un péché de jeunesse, certes, mais qui à ce niveau ne pardonne pas. Et puis, cette incapacité à gérer les temps forts… Le bloc congolais a semblé reculer au fil des minutes, laissant l’Angola reprendre du poil de la bête.
La sanction est tombée comme un couperet. Alors que le chronomètre égrenait les dernières minutes du temps réglementaire, Osvaldo Costa a transpercé la défense congolaise pour égaliser d’une frappe imparable (89′). Silence glacial. Ce but, venu du néant, a douché les illusions et rappelé une vérité essentielle : à la CAN, aucune équipe ne se contente d’une seule réalisation.
Comment ne pas y voir un signe ? À moins d’une semaine de l’entrée en lice dans la compétition continentale, ce match nul ressemble à une piqûre de rappel salutaire. Il n’y a pas de victoire facile, pas d’adversaire à prendre à la légère. Pour ces Léopards U17, l’apprentissage continue, et ce résultat doit servir de terreau à une remise en question immédiate. Le staff technique est désormais face à un double défi : corriger le manque de réalisme devant le but et muscler la gestion des émotions en fin de partie. Sans pression négative, mais avec une humilité indispensable.
Les regards se tournent maintenant vers le 13 mai. Ce jour-là, la RDC lancera sa campagne de la CAN U17 2026 face à l’Ouganda, première étape d’un groupe B relevé qui compte aussi la Côte d’Ivoire (16 mai) et le Cameroun (19 mai). Trois batailles en une semaine, où chaque détail comptera. Face aux Ougandais, les Léopards devront capitaliser sur la solidité affichée en première période tout en musclant leur instinct de tueur. Sauront-ils convertir l’essai ?
Il est crucial de rappeler le parcours qui a mené ces jeunes pépites jusqu’ici. En février dernier, au stade Tata Raphaël de Kinshasa, ils ont arraché leur billet pour la CAN au forceps, en remportant le tournoi zonal de l’UNIFFAC. Une qualification héroïque qui a révélé un football RDC résilient et ambitieux. Ce succès local a forgé une identité de combattants, mais le saut continental exige davantage : de la constance, du sang-froid et une science du résultat. Ce match contre l’Angola, avec son scénario amer, offre une répétition grandeur nature. Une pièce qui ne trompe pas : il faudra être clinique, conquérant et totalement hermétique jusqu’au coup de sifflet final. Les Léopards U17 ont sept jours pour se métamorphoser en prédateurs. L’avenir de toute une génération commence maintenant.
Article Ecrit par Miché Mikito
Source: Actualite.cd
