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RDC à l’ONU : sanctions exigées contre le Rwanda pour violations de l’accord de paix

La ministre des Affaires étrangères de la République démocratique du Congo, Thérèse Kayikwamba, a lancé un cri d’alarme solennel devant le Conseil de sécurité des Nations Unies. Elle a dénoncé le non-respect « immédiat » par le Rwanda de l’accord de paix RDC Rwanda signé le 4 décembre dernier, qualifiant cette attitude d’inacceptable. Dans une intervention chargée d’émotion et de fermeté, la diplomate a plaidé pour l’adoption de mesures coercitives contre Kigali, qu’elle accuse d’avoir soutenu militairement la prise de la ville stratégique d’Uvira par la coalition rebelle AFC/M23.

Les déclarations de Mme Kayikwamba interviennent dans un contexte de détérioration rapide de la situation sécuritaire dans l’est du Congo. La ministre a fourni au Conseil des détails glaçants sur les violations accord paix, énumérant des bombardements, l’utilisation de drones explosifs et des avancées coordonnées des groupes armés autour d’Uvira et dans la fertile plaine de la Ruzizi. « Il n’est pas acceptable qu’un accord solennel soit ainsi récusé dès le lendemain par ceux qui s’y étaient engagés », a-t-elle martelé, soulignant le caractère cynique de cette rupture.

Le cessez-le-feu, pourtant exigé par une résolution du Conseil sécurité ONU RDC datée du 27 septembre, reste lettre morte. Les attaques contre les populations civiles se multiplient, bloquant l’accès humanitaire et créant une crise humanitaire d’une ampleur catastrophique. Plus de 500 000 personnes ont été déplacées par les récents combats, poussant la province du Sud-Kivu au seuil de la rupture. Les bombardements Sud-Kivu ciblent des localités telles que Watagota, Kouvounké, Caziba, Rurhambau et Luvungi, tandis que l’axe Kamanyola-Uvira est le théâtre d’affrontements incessants. La tension régionale a même franchi une nouvelle ligne rouge, des tirs ayant atteint le territoire du Burundi voisin, risquant d’embraser toute la région des Grands Lacs.

Face à cette escalade, comment interpréter la position de Kinshasa ? Thérèse Kayikwamba ONU a longuement défendu le « choix de la diplomatie » opéré par son gouvernement. Un choix qu’elle présente non pas comme une faiblesse, mais comme l’expression d’un « sens des responsabilités » et d’une foi inébranlable dans les mécanismes multilatéraux. La RDC dit croire encore aux processus de paix engagés sous l’égide des États-Unis (processus de Washington), du Qatar (processus de Doha) et de l’Angola (processus de Luanda). Mais cette patience diplomatique aurait-elle ses limites ? La demande explicite de sanctions contre le Rwanda semble indiquer que Kinshasa estime avoir épuisé les voies du dialogue.

L’intervention de la ministre congolaise place la communauté internationale, et particulièrement les membres du Conseil de sécurité, dans une position délicate. Jusqu’où sont-ils prêts à aller pour faire respecter leurs propres résolutions ? Les accusations portées par Kinshasa, si elles sont étayées, dressent le portrait d’un Rwanda jouant un double jeu dangereux, signant des accords de paix à la table des négociations tout en poursuivant son appui logistique et militaire à des groupes armés sur le terrain. Cette situation sape la crédibilité même de la diplomatie préventive des Nations Unies dans la région.

Les implications de cette crise dépassent largement le cadre bilatéral entre la RDC et le Rwanda. L’effondrement de l’accord du 4 décembre pourrait sonner le glas d’années d’efforts de médiation et relancer une guerre ouverte aux conséquences imprévisibles pour la stabilité de l’Afrique centrale. La dégradation humanitaire, couplée à l’extension géographique des combats, crée un terreau fertile pour une crise régionale aux dimensions multiples – sécuritaire, politique et migratoire.

Alors que les bombardements continuent de frapper le Sud-Kivu, la balle est désormais dans le camp de la communauté internationale. L’appel pressant de Thérèse Kayikwamba pour des actions concrètes et coercitives met en lumière l’échec relatif des mécanismes de pression existants. L’heure est à la décision : les grandes puissances vont-elles laisser un nouvel accord de paix sombrer dans l’indifférence, ou vont-elles assumer leurs responsabilités pour imposer le respect du droit international et éviter un bain de sang à plus grande échelle ? L’avenir immédiat de millions de Congolais en dépend.

Article Ecrit par Cédric Botela
Source: radiookapi.net

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