Nairobi s’apprête à écrire une nouvelle page des relations entre la France et l’Afrique. Les 11 et 12 mai 2026, la capitale kényane accueille le sommet Africa Forward, coorganisé avec Paris. Sous le thème « Africa Forward : des partenariats entre l’Afrique et la France pour l’innovation et la croissance », l’événement réunira plusieurs chefs d’État, dont Emmanuel Macron et William Ruto. Mais que peut en attendre la République démocratique du Congo ? La question mérite d’être posée alors qu’une délégation de 119 personnes, composée de chefs d’entreprise, d’entrepreneurs, de membres de la société civile et de jeunes, représentera Kinshasa.
Lors d’un briefing presse organisé le 5 mai depuis l’Élysée, le délégué de la présidence française a exposé les grandes lignes de ce sommet. Il a insisté sur la volonté de renouveler les partenariats entre la France et les pays africains, en les fondant sur des intérêts mutuellement avantageux. « Des annonces fortes » sont attendues, notamment dans le domaine économique. Ce sommet marque une première historique : il est coorganisé avec un pays anglophone, le Kenya, signe d’une volonté d’élargir le champ des relations françaises au-delà de la seule francophonie.
L’accent sera mis sur la jeunesse et l’entrepreneuriat. La France entend renforcer des mécanismes déjà existants comme Choose Africa, qui a contribué à la création de plus de trois millions d’emplois sur le continent, ou encore AFAWA, dédié à l’entrepreneuriat féminin. Le fonds Digital Africa, destiné à accompagner les start-up africaines, sera également consolidé. Mais au-delà des chiffres, c’est une approche que le délégué de l’Élysée a qualifiée de « solutions africaines aux défis africains ». Une logique de partenariat où chaque pays conserve son rôle central dans la définition de ses priorités.
La délégation RDC sera l’une des plus importantes. Avec 119 personnes, elle illustre l’importance que Kinshasa accorde à ce sommet. Les entrepreneurs congolais y verront sans doute une opportunité de nouer des contacts, de capter des investissements et de présenter leurs projets. Le contexte est favorable : la France mise sur l’entrepreneuriat culturel comme « moteur de l’économie de demain ». De quoi susciter l’intérêt des jeunes créateurs congolais.
Le programme des deux journées a été dévoilé. Le 11 mai, un forum d’affaires intitulé « Inspire and Connect » mettra en avant les initiatives du secteur privé. Le 12 mai sera consacré aux enjeux de financement du développement, avec un accent sur l’emploi des jeunes, la compétitivité et les questions de souveraineté. Paix et sécurité seront également abordées, en soutien aux médiations africaines et à l’Union africaine. Ces discussions pourraient bien influencer les orientations futures de la coopération franco-congolaise.
Quels retombées concrètes pour la RDC ? Le sommet Africa Forward ambitionne d’accélérer les investissements croisés autour de priorités communes : santé, souveraineté alimentaire, numérique, énergie et connectivité. Autant de secteurs où la RDC a des besoins immenses. La délégation congolaise, mêlant entrepreneurs et société civile, est un signal fort : le pays veut être acteur de ces partenariats, et non simple bénéficiaire.
Au-delà de Nairobi, les conclusions du sommet devraient alimenter les préparatifs du prochain G7, que la France accueillera à Évian du 15 au 17 juin 2026. Une fenêtre supplémentaire pour que la voix de l’Afrique, et particulièrement celle de la RDC, soit entendue au plus haut niveau. En attendant, tous les regards sont tournés vers Nairobi. Le sommet Africa Forward sera-t-il le catalyseur d’une nouvelle dynamique entre la France et l’Afrique ? Réponse dans les jours à venir.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd
