La ville de Kamituga, l’une des cités aurifères du Sud-Kivu, a vécu une nuit de terreur dans la soirée du jeudi 9 au vendredi 10 octobre. Des affrontements meurtriers ont opposé les Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) au groupe Wazalendo Shikito, plongeant la population dans la panique et l’effroi.
Selon plusieurs sources locales, le drame a commencé lorsqu’un élément du groupe Wazalendo Shikito aurait abattu un militaire des FARDC. Cet incident isolé a rapidement dégénéré en échanges de tirs nourris qui ont duré près de six heures, de 23h à 5h30 du matin. Les habitants, réveillés en sursaut, ont vécu des moments d’angoisse indescriptible tandis que les balles sifflaient dans l’obscurité.
Le bilan humain est lourd et dramatique. Parmi les victimes figure le Capitaine Kangela Kaleba Moïse, commandant de la Police Nationale Congolaise (PNC) pour la ville de Kamituga. Ce gradé a été mortellement touché par une balle en pleine tête lors des violents affrontements. Un élément des FARDC a également perdu la vie dans ces combats urbains qui ont transformé la ville en champ de bataille.
Mais au-delà du drame humain, une autre tragédie s’est jouée dans l’ombre. Plusieurs habitants ont signalé des pillages systématiques de leurs biens pendant que les échanges de tirs se poursuivaient. Des maisons ont été forcées, des commerces dévalisés, ajoutant ainsi l’humiliation et la spoliation à la peur et au deuil. Comment une situation sécuritaire peut-elle dégénérer à ce point dans une ville qui devrait normalement bénéficier d’une protection renforcée ?
La matinée du vendredi 10 octobre a révélé l’ampleur des dégâts. Kamituga s’est réveillée meurtrie, tendue, avec une population en état de choc. Certains habitants, excédés par cette insécurité récurrente, sont descendus dans les rues pour manifester leur colère et leur désarroi. Leur message est clair : ils en ont assez de vivre dans la peur permanente, assez de voir leurs biens pillés en toute impunité, assez de compter leurs morts après chaque accrochage.
Les affrontements FARDC Wazalendo dans la région du Sud-Kivu ne sont malheureusement pas un phénomène isolé. Mais la mort d’un commandant de la PNC et les pillages généralisés marquent une escalade préoccupante de la violence. La situation à Kamituga reste volatile, et la population attend des autorités des mesures concrètes pour mettre fin à ce cycle infernal d’insécurité et de violences.
Alors que le soleil se levait sur une ville en deuil, les questions se multipliaient. Comment un simple incident a-t-il pu déclencher une telle escalade ? Pourquoi les forces de l’ordre n’ont-elles pas pu protéger la population contre les pillages ? Et surtout, quelles garanties peuvent aujourd’hui avoir les habitants de Kamituga pour leur sécurité future ? Les réponses à ces interrogations cruciales détermineront la capacité des autorités à rétablir la confiance dans cette région minière stratégique du Sud-Kivu.
Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd
