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RDC : à la CSW70, Judith Suminwa dénonce les violences sexuelles et exige des sanctions contre le Rwanda

Dans le cadre d’une offensive diplomatique soutenue, la République démocratique du Congo maintient une pression internationale pour l’application de sanctions contre le Rwanda, accusé de soutenir le groupe rebelle AFC/M23. Cette mobilisation se déroule alors que les violences dans l’est du pays, marquées par une recrudescence des atrocités, atteignent des niveaux alarmants.

Lors de la 70e session de la Commission de la Condition de la Femme (CSW70) à New York, la Première ministre Judith Suminwa Tuluka a porté un plaidoyer puissant. Dans un événement parallèle co-organisé avec l’Ukraine, elle a dénoncé avec une fermeté remarquable l’utilisation systématique des violences sexuelles comme arme dans ce qu’elle qualifie de « guerre économique » imposée par le régime de Paul Kagame. Cette stratégie de terreur, déployée depuis plus de deux décennies, cible délibérément les femmes, les filles et les enfants, transformant leurs corps en champs de bataille supplémentaires.

« La guerre ne se limite pas aux champs de bataille. Elle se déroule aussi sur le corps des femmes, des filles et des enfants », a déclaré la cheffe du gouvernement congolais devant une assistance internationale. Ses propos mettent en lumière une tragédie humaine que les rapports ne suffisent plus à décrire. En effet, les chiffres sont éloquents : selon l’UNICEF, les violences sexuelles contre les enfants ont triplé depuis janvier 2025 dans les provinces de l’Est. Cette escalade intervient dans un contexte de persistance de l’agression, où le soutien rwandais aux forces du M23 reste un facteur déterminant de l’insécurité.

Face à cette crise multidimensionnelle, qui mêle insécurité, crise humanitaire et violations massives des droits humains, le gouvernement de la RDC affiche sa détermination à agir sur plusieurs fronts. Conformément aux instructions du Président Félix Tshisekedi, Kinshasa entend accélérer les réformes pour briser le cycle de l’impunité. La relance de la Politique nationale de réforme de la justice (2017-2026) et la modernisation du système judiciaire, via la numérisation des dossiers, figurent parmi les priorités.

Comment assurer des réparations durables aux milliers de victimes ? La réponse du gouvernement passe par des initiatives structurantes comme le Fonds National pour la Réparation des Victimes (FONAREV). Ce mécanisme vise à transformer une réponse humanitaire ponctuelle en une politique de réparation pérenne, liant urgence, action humanitaire et développement. Parallèlement, le Plan national d’action sur la Résolution 1325, adopté en 2025, renforce le cadre légal de protection des femmes et de lutte contre les violences sexuelles liées aux conflits.

Cependant, la Première ministre a clairement indiqué que les efforts nationaux, aussi importants soient-ils, ne suffiraient pas. « Cette lutte ne peut être menée seule », a-t-elle insisté, appelant à une solidarité internationale renforcée. Pour Judith Suminwa, l’impunité qui entoure ces crimes n’est pas une fatalité, mais un choix que la communauté internationale peut décider de ne plus tolérer. Son plaidoyer rejoint ainsi l’offensive diplomatique plus large visant à obtenir des sanctions ciblées et efficaces contre les auteurs et leurs soutiens, principalement le Rwanda.

Le front commun établi avec l’Ukraine lors de cet événement à la CSW70 n’est pas anodin. Les deux nations, bien que géographiquement éloignées, se reconnaissent dans une expérience partagée de l’agression et de l’utilisation de la violence comme outil de déstabilisation. Cette alliance stratégique vise à unir leurs voix pour exiger justice et réparation, créant une synergie inédite dans les arènes internationales.

Les violences sexuelles dans l’est de la RDC sont-elles le symptôme d’une guerre économique plus large ? L’analyse présentée par la délégation congolaise suggère que ces atrocités servent à terrifier les populations, à vider les zones riches en ressources et à asseoir une domination par la terreur. Cette dimension économique du conflit complique encore la résolution de la crise et exige des réponses internationales coordonnées, allant au-delà des simples condamnations verbales.

Alors que la session de la CSW70 se poursuit, le message de la RDC est clair : il est temps que la communauté internationale passe des paroles aux actes. L’appel à des sanctions contre le Rwanda et le M23 résonne avec une urgence croissante, tandis que les mécanismes de protection des civils et de soutien aux victimes doivent être financés de manière innovante et substantielle. L’enjeu, au-delà de la stabilité régionale, est fondamentalement une question de dignité humaine et de respect du droit international.

Article Ecrit par Cédric Botela
Source: Actualite.cd

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