Dans les couloirs feutrés du Palais du Peuple à Kinshasa, le Bureau de l’Assemblée nationale a tenu ses assises préparatoires, jeudi 12 mars 2026. Sous la conduite de son président, Vital Kamerhe, cette réunion avait pour objet de calibrer l’artillerie législative en vue de l’ouverture imminente de la session ordinaire mars 2026. Un exercice de planification routinier en apparence, mais dont l’enjeu dépasse la simple organisation des travaux parlementaires Kinshasa. Dans un climat politique souvent volatil, cette session s’annonce comme un test crucial pour la majorité et pour la crédibilité de l’institution elle-même.
L’ordre du jour, soigneusement établi par le Bureau Assemblée nationale, a tourné autour de la définition des grandes orientations. Tradition oblige, le contrôle de l’action gouvernementale figurera en tête des priorités. Cette prérogative constitutionnelle, souvent brandie comme un étendard, sera-t-elle autre chose qu’un exercice de style ? La question plane, alors que les députés, de retour de près de trois mois dans leurs circonscriptions, auront à cœur de démontrer leur utilité. Le président Kamerhe a insisté sur la nécessité d’un contrôle « rigoureux et constructif », une formule dont la résonance pratique reste à observer dans l’hémicycle.
Au-delà du symbole, la session devra également se pencher sur un portefeuille d’initiatives législatives en souffrance. L’efficacité du Parlement se mesurera à sa capacité à faire avancer ces dossiers, dans un agenda déjà chargé par les urgences nationales. Les membres du Bureau ont passé en revue les dossiers d’actualité qui ne manqueront pas d’alimenter les débats : la situation sécuritaire dans l’Est, les défis économiques pressants, et les tensions politiques larvées. La capacité de l’Assemblée nationale RDC à transcender les clivages pour apporter des réponses législatives sera scrutée à la loupe.
Cette session ordinaire mars 2026 s’ouvrira officiellement le lundi 16 mars, conformément à l’article 115 de la Constitution. Une cérémonie solennelle, en présence du gratin diplomatique et institutionnel, marquera cette reprise. Mais derrière le faste protocolaire, le travail de fond s’annonce colossal. Vital Kamerhe, en stratège aguerri, joue ici une partition délicate : orchestrer une session productive tout en maintenant la cohésion d’une assemblée aux appétits divers. L’échec, ou même l’enlisement, pourrait être perçu comme un aveu d’impuissance et fragiliserait sa propre autorité à la tête de la chambre basse.
Le véritable test résidera dans la traduction des priorités évoquées en actions concrètes. Le contrôle gouvernemental prendra-t-il la forme d’auditions musclées et de commissions d’enquête, ou se limitera-t-il à des questions orales sans suite ? Les projets de loi en attente seront-ils examinés avec célérité ou rejoindront-ils le cimetière des textes non aboutis ? La session de mars est souvent le moment où les équilibres politiques se redessinent. Dans un contexte où les attentes de la population sont immenses, l’assemblée peut-elle se permettre un exercice purement formel ?
La balle est désormais dans le camp des honorables députés. Les préparatifs du Bureau Assemblée nationale sous l’égide de Vital Kamerhe ont posé le cadre. Il revient à l’ensemble de l’hémicycle d’en remplir les contenus. Les prochaines semaines révéleront si l’institution parlementaire congolaise est un réel contre-pouvoir ou une chambre d’enregistrement des décisions exécutives. La session qui s’ouvre n’est pas qu’une routine constitutionnelle ; elle est une fenêtre d’observation privilégiée sur la santé démocratique du pays. Le compte à rebours est lancé avant l’ouverture officielle des travaux parlementaires Kinshasa.
Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: mediacongo.net
