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RDC : Judith Suminwa lance l’offensive contre l’économie informelle – 350 entrepreneurs entrent dans la légalité

Kinshasa, 3 mai 2025 – Le Complexe GB a servi de cadre ce samedi à un virage historique pour l’économie congolaise. Sous l’impulsion de la Première Ministre Judith Suminwa Tuluka, 350 petits entrepreneurs victimes d’incendies et d’inondations ont symboliquement franchi le pas de la formalisation. Une initiative pilote ancrée dans le Programme d’Actions du Gouvernement 2024-2028, visant à transformer le secteur informel – qui représente plus de 80% de l’activité économique nationale – en levier structuré de croissance.

Un remède structurel à une économie parallèle tentaculaire

Le constat est sans appel : avec seulement 12% des PME opérant dans le formel selon la Banque Centrale du Congo, l’informalité prive l’État de recettes fiscales tout en exposant les entrepreneurs à une précarité systémique. « La formalisation n’est pas un luxe administratif, mais un bouclier contre l’arbitraire », a martelé la cheffe du gouvernement devant des bénéficiaires issus du marché de la Liberté et du site artisanal de Binza-Delvaux.

Un paquet intégré : bancarisation, assurance et accompagnement

Le projet, soutenu par EquityBCDC et Afrissur, déploie une offre sur mesure :

  • Statut juridique simplifié via les Ordonnances-lois 22/030 et 031
  • Accès à des microcrédits à taux préférentiel (7% contre 25% en moyenne dans l’informel)
  • Couverture d’assurance professionnelle sous supervision de l’ARCA
  • Réseau de 150 guichets de proximité opérationnels d’ici décembre 2025

Les défis d’une transition à grande échelle

Si l’initiative salue les victimes de catastrophes, elle soulève des questions cruciales. Comment éviter que les 1,8 million de micro-entreprises kinoises ne perçoivent la formalisation comme un fardeau fiscal ? Le Ministre Louis Watum Kabamba esquisse une réponse : « L’approche sera progressive. Exonérations ciblées, guichets uniques et plafonds de chiffre d’affaires adaptés seront nos amortisseurs sociaux ».

La bancarisation comme colonne vertébrale

Avec seulement 18% d’adultes bancarisés en RDC (contre 48% en moyenne subsaharienne), le pari est audacieux. La remise symbolique de cartes Visa Premier aux bénéficiaires cache mal un écueil : 62% d’entre eux n’ont jamais utilisé un distributeur automatique. « C’est pourquoi nous intégrons un volet éducation financière avec des modules en lingala et swahili », précise un cadre d’EquityBCDC.

L’informel : un frein ou un accélérateur de croissance ?

Le discours de Judith Suminwa Tuluka a levé un tabou : « Notre économie marche sur une jambe depuis des décennies. En ramenant ne serait-ce que 30% de l’informel vers le formel d’ici 2028, nous pourrient booster les recettes fiscales de 15% ». Un calcul qui suppose toutefois un accompagnement au long cours – le projet ne prévoit pour l’heure que 2 milliards de CDF (720 000 USD) de fonds dédiés.

Les institutions financières sommées de s’adapter

La cheffe du gouvernement a taclé les banques : « Vos KYC (*Know Your Customer*) étouffent ceux qui n’ont ni acte de mariage ni titre foncier ». Un rappel à l’ordre qui fait écho aux nouvelles directives de la BCC sur les comptes simplifiés (seulement une pièce d’identité requise). Reste à voir comment ces mesures seront déployées dans les 145 territoires où 73% des communes n’ont pas d’agence bancaire.

Perspectives : Un laboratoire avant généralisation ?

Ce projet-pilote servira de test pour un déploiement national dès 2026. Les indicateurs clés ?

  • Taux de pérennité des entreprises formalisées à 18 mois
  • Volume de crédits octroyés
  • Nombre de polices d’assurance activées

« Si nous atteignons 70% de succès sur ces marqueurs, nous lancerons la phase industrielle avec l’appui de la Banque Mondiale », confie une source au Ministère des PME.

Alors que le soleil se couchait sur le Complexe GB, les bénéficiaires quittaient les lieux avec un kit de formalisation dans une main, et des interrogations dans l’autre. La réussite de ce pari dépendra de la capacité à transformer un cadre juridique en réalité tangible pour les vendeurs de fufu de la rue Kasa-Vubu comme pour les menuisiers de Matadi Kibala. L’économie congolaise retient son souffle : et si ces 350 pionniers étaient les premiers maillons d’une chaîne vertueuse ?

Article Ecrit par Amissi G
Source: Actualite.cd

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Amissi G
Amissi G
Né à Lubumbashi, Yvan Ilunga est un passionné de la richesse culturelle du Congo. Expert en éducation et en musique, il vous plonge au cœur des événements culturels tout en mettant en lumière les initiatives éducatives à travers le pays. Il explore aussi la scène musicale avec une analyse fine des tendances artistiques congolaises, faisant d’Yvan une véritable référence en matière de culture.
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