Le chantier de construction d’un collecteur d’eau au Camp Munganga, dans la commune de Ngaliema, illustre la réponse publique à une menace érosive qui fragilise ce quartier de Kinshasa depuis plusieurs mois. Financé par le gouvernement congolais à hauteur de près de 1,5 million de dollars américains, ce projet est exécuté par l’Office des voiries et drainage (OVD). Il répond notamment aux plaidoyers menés par l’ONGD COTENEPROD, signe d’une mobilisation citoyenne qui a su porter la question de l’érosion jusqu’aux instances décisionnelles.
Sur le terrain, mardi 1er septembre, Radio Okapi a constaté l’avancement des travaux sur l’avenue REGIDESO. Les habitants du Camp Munganga saluent le lancement de ce chantier, tout en appelant à une accélération des travaux. Leur satisfaction s’accompagne d’attentes plus larges : la construction ou l’asphaltage d’une route pour faciliter la circulation et désenclaver le quartier, ainsi que la réparation des conduites d’eau endommagées dans la zone. Selon les riverains, les fuites d’eau contribuent à fragiliser les sols et à aggraver les problèmes d’érosion.
Un ouvrage attendu face à une érosion destructrice
L’érosion au Camp Munganga a causé des souffrances importantes aux résidents. « Nous avons beaucoup souffert à cause de cette érosion. […] Nous appelons aussi la population à garder ce collecteur propre et à ne pas le transformer en poubelle », témoigne un riverain. Cette déclaration souligne la double dimension du problème : d’une part, la nécessité d’infrastructures adaptées pour évacuer les eaux ; d’autre part, la responsabilité collective dans l’entretien de ces ouvrages.
Le collecteur en construction doit améliorer l’évacuation des eaux et protéger les habitations exposées aux effets de l’érosion. Mais les habitants ne se contentent pas de cette réponse technique. Ils demandent aussi la réparation des conduites d’eau endommagées, car les fuites aggravent l’instabilité des sols. Cette articulation entre drainage et réseau d’eau montre que la lutte contre l’érosion ne peut être isolée d’une gestion plus globale des infrastructures urbaines.
La mobilisation citoyenne, moteur du projet
Le rôle de l’ONGD COTENEPROD dans les plaidoyers ayant conduit au financement du collecteur illustre comment la pression citoyenne peut influencer les priorités publiques. Le gouvernement congolais a débloqué près de 1,5 million de dollars américains, un investissement significatif pour un quartier longtemps exposé. L’OVD, en tant que maître d’œuvre, porte la responsabilité technique de la réalisation, mais aussi celle de répondre aux attentes exprimées par les riverains.
Les habitants appellent également la population à préserver l’ouvrage en évitant d’y jeter des déchets susceptibles de boucher le collecteur. Cet appel à la responsabilité collective est essentiel : un collecteur mal entretenu perdrait rapidement son efficacité et replongerait le quartier dans les difficultés. La durabilité de l’investissement dépend donc autant de la qualité des travaux que des comportements quotidiens.
Des attentes qui dépassent le seul collecteur
Au-delà du collecteur, les résidents du Camp Munganga formulent des demandes complémentaires : une route asphaltée pour désenclaver le quartier et la réparation des conduites d’eau. Ces revendications montrent que l’érosion n’est qu’un symptôme d’un déficit plus large d’infrastructures. La réponse publique, pour être crédible, devra intégrer ces dimensions si elle veut réellement améliorer les conditions de vie.
Le chantier en cours est donc un premier pas, mais il ne clôt pas le débat. La vigilance des habitants et leur capacité à faire remonter les problèmes resteront déterminantes. L’enjeu est de transformer cet investissement ponctuel en une dynamique durable de protection et d’aménagement du territoire dans cette partie de Ngaliema.
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Article Ecrit par Chloé Kasong
Source: radiookapi.net
